Denise Lafrenière devant une œuvre en cours de réalisation, peinte sur le papier qu'elle a mis au point après des années de recherche. Photo L'Hebdo / Bernard Lepage
Denise Lafrenière: peindre par intuition
Des personnages, des coqs, des masques, des fleurs, des poissons. Une rétrospective de l'œuvre de Denise Lafrenière permettrait aisément d'y repérer les coups de cœur qui ont alimenté son inspiration ces dernières années.
Autant de thèmes qui sont venus tout naturellement hanter l'esprit de la peintre jusqu'à ce qu'elle les libère sur une toile. Obsédée par l'idée de se renouveler, Denise Lafrenière peint par intuition, remontant le sentier tracé par ses pulsions. «Jusqu'à maintenant, j'ai toujours fait confiance à la vie et elle ne m'a pas trompée», révèle-t-elle.
Peindre est une seconde nature à la voir s'animer en parlant de son art au second étage de sa résidence de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, transformé en espace de travail. Dissimulé par deux immenses sapins au milieu du village, l'atelier vitré offre suffisamment d'intimité pour que le côté sauvage de l'artiste puisse s'exprimer. Accrochées sur les murs, disposées au sol, laissées en plan sur la table, le nombre et la diversité de ses toiles laisse deviner une artiste aussi prolifique que fantaisiste.
De plus en plus sollicitée dans divers symposiums – elle sera présidente d'honneur de celui de Danville en 2008 et a participé aux trois dernières éditions du très réputé Chesterville – Denise Lafrenière possède également ses entrées dans des galeries d'art où les collectionneurs sont désormais sensibles à sa signature.
Une reconnaissance qui s'est délicatement installée puisque c'est la somme de près de trente années de peinture qui l'accompagnent lorsqu'elle pose ses pinceaux devant son chevalet. «Je m'y consacre à temps plein depuis cinq ans», remarque-t-elle. En fait, Denise Lafrenière est habitée 24 heures sur 24 par son art. «Où que je me déplace dans la maison, j'emmène ma toile. J'y plonge mon regard et l'inspiration s'impose souvent d'elle-même. »
C'est aussi l'expérience qui l'a conduit au fil du temps à canaliser son énergie créatrice sur pas plus d'une ou deux toiles à la fois. «Peindre, c'est un feeling! Et c'est difficile de retrouver ce sentiment face à notre tableau si on en mène plusieurs de front.»
Papier révolutionnaire
Foi de la Montcarmeloise, 2008 sera une année déterminante dans sa carrière. Très présente dans les symposiums ces dernières années, Denise Lafrenière avait fait une parenthèse sur les expositions solos où sa dernière remonte à 2003. Résolue, elle compte reprendre le temps perdu, travaillant notamment sur un projet avec un poète belge où images et prose cohabiteraient en un seul lieu.
Mais ce qui l'absorbe surtout ces temps-ci, c'est son travail sur une série d'œuvres peintes sur du papier qu'elle fabrique elle-même et dont elle conserve jalousement le secret. «Ça fait une quinzaine d'années que je planche là dessus. Le produit a été raffiné au fil des ans et là, je suis parvenue à la qualité désirée.» Elle a profité des symposiums des derniers mois pour montrer ses premières œuvres issues de cette série et l'enthousiasme des amateurs et de ses amis peintres a fini de la convaincre de s'y jeter cœur et âme.
Marouflée sur différents supports comme du papier d'arche ou du massonnite, le fragile papier est une fine pellicule sur laquelle l'artiste pose son acrylique. Très accrocheur, le résultat se rapproche de l'estampe et se démarque nettement de ses productions précédentes. Dans l'atelier, une première série mettant en scène des poissons attire invariablement les regards et laisse présager qu'encore une fois, l'intuition de Denise Lafrenière demeure sa plus fidèle alliée…
Bruno Heureux
Commentaire mis en ligne le 6 janvier 2008Oui, ce commentaire vous vient de loin, de Belgique !
Pour avoir rencontré Denise et apprécié son art, j'ai le sentiment que l'article la décrit avec justesse. Je me permets de vous faire parvenir ce que j'avais écrit à son sujet, il y a quelques mois, en tant que journaliste culturel ; mes porpos vont dans le même sens:
« Rencontrer Denise Lafrenière, c’est découvrir la femme artiste dans toutes les acceptions du terme : à la fois frêle et forte, instinctive et réfléchie, émotionnelle et maîtrisée, rêveuse et concrète, irrationnelle et raisonnable, charnelle, séduisante et secrète… En fait, tout ce qui rend une femme vraiment femme, mystérieuse par ses facettes apparemment contradictoires mais simplement complémentaires, en deux mots, femme unique. Tout ce qui fait également d'elle une artiste digne de ce nom, humble, vraie et sans concession sur la rigueur qu’elle s’impose dans son art.
C’est aussi partager son univers figuratif et « effusionniste » marqué d’un grand amour pour la nature dont elle imprègne ses tableaux avec une sensibilité et une justesse au label « talent authentique ! ».
Aujourd’hui, toujours plus exigeante à son propre égard, Denise vient de négocier avec succès un tournant important de sa peinture, en empruntant une voie plus personnelle encore, sur des supports texturés bien à son image, où la recherche n’enlève rien à la spontanéité et à la qualité… Du grand art !
Pas étonnant que de nombreux symposiums au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Espagne et en Belgique ainsi que diverses galeries québécoises se fassent un honneur d’accueillir une artiste dont la découverte enchante toujours le public. »
Bruno Heureux,
Journaliste culturel, Hannut, Belgique, également poète-chansonnier, dont il est fait allusion dans l'article.
Si vous souhaitez mieux me connaître, je me permets de vous inviter à visiter mon site : www.bruno-heureux.be
A bientôt! Bien à vous !
Bruno.