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L’agriculture : un projet de société

Steven Guilbeault par Steven Guilbeault
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Article mis en ligne le 8 mars 2008 à 17:23
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L’agriculture : un projet de société
L’agriculture : un projet de société
En juin 2006, le gouvernement du Québec a mis sur pied la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ), ayant pour mandat de dresser un état de la situation sur les enjeux et les défis de ce secteur au Québec.
La CAAAQ a remis son rapport le 12 février dernier, après avoir tenu des audiences publiques dans 15 régions et 27 municipalités du Québec et avoir consulté 720 mémoires.

Le secteur agricole représente quelque 43 405 producteurs œuvrant au sein d’environ 30 813 entreprises. On parle ici de plus de 56 000 emplois directs et des ventes de 6 milliards de dollars.

Mais l’agriculture ne doit pas être perçue uniquement dans son volet économique. Son développement a des impacts sur toutes les sphères de notre vie. Or le modèle actuel, mis en place il y a plus de 40 ans, ne correspond plus aux réalités d’aujourd’hui, tant du côté de la santé, de l’environnement que de l’économie.

La CAAAQ propose un changement en profondeur du modèle agricole. Son message principal est que la redéfinition de ce modèle doit avoir un « maximum de retombées sociales positives » et doit permettre d’assurer la pérennité de l’agriculture.

Le développement durable occupe donc une partie importante de cette nouvelle vision. Bon nombre des recommandations du rapport mettent ainsi l’accent sur l’agriculture biologique, l’achat local, la diversification et la qualité des produits, le soutient aux petits producteurs, le développement régional. J’attire votre attention sur celle qui voudrait que toutes les subventions agricoles soient basées sur le principe de « l’écoconditionnalité ». Ce principe stipule que, pour obtenir de l’aide financière, les producteurs doivent avoir une pratique qui respecte les règlements visant à protéger l’environnement (utilisation restreinte des pesticides, réduction du phosphore et d’azote, etc.). Dix des recommandations de la CAAAQ se rapportent directement à l’environnement. C’est dire à quel point ce virage doit être entrepris rapidement.

La CAAAQ présente des mesures audacieuses pour « favoriser une agriculture durable et en santé ». Et, si l’on en juge par l’accueil qui lui a été réservé, cette vision semble être partagée à l’unanimité. Le gouvernement aura-t-il le courage de développer ce modèle agricole moderne et créatif qui puisse « contribuer activement à l’épanouissement social et économique du Québec » ?

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