Articles à vendre | Vente aux enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
L'Hebdo du St-Maurice
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Quand le pain devient un luxe…

Marie-Ève Veillette par Marie-Ève Veillette
Voir tous les articles de Marie-Ève Veillette
Article mis en ligne le 24 mars 2008 à 8:40
Réagissez à cet article
Quand le pain devient un luxe…
Christian Lapierre, propriétaire de la Minoterie Les Brumes de Sainte-Geneviève-de-Batiscan, craint que la crise du blé ne se résorbe pas. Il montre ici des grains d’épeautre, qui substitue de plus en plus le blé dans certaines recettes de pain. Photo, Médias Transcontinental
Quand le pain devient un luxe…
La mondialisation aura-t-elle raison de nos boulangeries? L’industrie du blé vit actuellement une crise sans précédent qui, si elle perdure, pourrait faire doubler, voire tripler le prix du pain d’ici quelques mois…
«Cette année, les Russes ont acheté presque tout le blé disponible dans l’Ouest canadien, causant une rareté qui a fait bondir le prix de 400$ à 1000$ la tonne. Résultat? Les minoteries ont de la difficulté à s’approvisionner et doivent augmenter considérablement le prix de leur farine pour arriver. Les boulangeries paient donc plus cher, et elles doivent refiler la facture au consommateur. Or, qui voudra payer un pain 9$?», expose Christian Lapierre, propriétaire de la Minoterie Les Brumes de Sainte-Geneviève-de-Batiscan, grandement affectée par la crise.

Selon lui, les boulangeries – et plus particulièrement les microboulangeries (boulangeries artisanales) – n’auront d’autre choix que de trouver rapidement des moyens de réduire leurs coûts de fonctionnement pour être en mesure de continuer à vendre leurs produits à des prix raisonnables. «Certaines couperont sans doute dans leur personnel. Quant à celles qui n’arriveront pas à réduire leurs coûts, elles devront mettre la clé dans la porte», craint-il.
Une structure en péril?
Actuellement, les seuls gagnants dans cette crise sont les producteurs de céréales, qui renflouent leurs coffres à une vitesse phénoménale. Le hic, c’est qu’en choisissant de vendre leur blé à l’étranger, ils mettent en péril toute la structure en place chez eux. «Si les minoteries et les boulangeries qu’ils desservent habituellement ferment leurs portes, ils se retrouveront le bec à l’eau. À qui vendront-ils leur blé, alors?», questionne M. Lapierre.
Selon lui, la crise leur aura rapporté beaucoup d’argent momentanément, mais lorsque les prix se stabiliseront ou retourneront à la normale, ils n’auront plus d’acheteurs. «Je pense qu’ils doivent nécessairement ouvrir leurs yeux et analyser la situation à plus long terme s’ils ne veulent pas se tirer dans le pied.»
Profitable pour les grandes chaînes
Actuellement, les consommateurs n’ont pas encore été trop affectés par la crise. La raison est fort simple: les grandes chaînes d’alimentation ont signé des contrats avec des boulangeries, ce qui a eu pour effet de geler les prix pour un certain temps.
«D’ici à ce que les contrats viennent à échéance, les boulangeries perdent de l’argent. De leur côté, les grandes chaînes d’alimentation continuent de faire des profits sur les ventes de pains et elles peuvent même en augmenter les prix sans devoir verser d’argent supplémentaire aux boulangeries. C’est très grave, comme situation», dénonce M. Lapierre.

En ce qui concerne les microboulangeries, la crise est encore plus dure. Comme les prix n’ont pas encore augmenté significativement dans les épiceries, de plus en plus de clients commencent à se tourner vers elles pour acheter leur pain. Les boulangeries artisanales et biologiques sont donc les premières à subir les contrecoups de la crise. «Pour y survivre, elles délaisseront probablement les pains de blé pour se tourner vers l’épeautre, le kamut et le seigle, qui sont moins chers», estime M. Lapierre, exaspéré de voir que le monde du bio, dans lequel évolue son entreprise, soit ainsi affecté au profit du commercial.

Il faudra attendre les prochaines récoltes pour savoir si le prix du blé redescendra. Si la crise persiste, elle aura des répercussions dans à peu près tous les secteurs de l’alimentaire: céréales, pâtisseries, biscuits, pâtes, etc. «Je suis convaincu que si les prix demeurent aussi élevés en août et septembre prochains, ils ne descendront plus jamais à leur niveau d’antan.»
L’éthanol: une lame à deux tranchants
Un autre facteur expliquant cette crise du blé est la production de plus en plus importante d’éthanol. Ce «carburant de l’avenir» a fait en sorte que certains producteurs agricoles, en voyant le potentiel de cette culture, se sont détournés du blé pour cultiver le maïs, l’ingrédient de base de l’éthanol.
Christian Lapierre se désole de la situation. «Pour résumer simplement, on préfère actuellement utiliser le potentiel de nos meilleures terres pour faire rouler nos voitures, plutôt que pour nourrir notre monde! C’est un non-sens total. Il faut absolument réfléchir à ça, trouver des moyens de remédier à la situation, parce que c’est la base même de l’alimentation qui est en danger.»

La solution? Elle réside peut-être en partie dans d’éventuelles alliances entre producteurs, meuniers et boulangers. Mais, advenant que la crise persiste, Christian Lapierre souhaite à tout le moins que les gens finissent par s’habituer à payer plus cher pour leur pain. «Les gens ont beaucoup crié quand l’essence est passée à 1$ le litre. Aujourd’hui, ils sont presque heureux quand elle revient à ce niveau! Espérons qu’il en sera de même pour le pain.»

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


hardouin nathalie

Commentaire mis en ligne le 14 août 2008
pouvez vous me dire si le prix du pain va augmenter d'ici janvier 2009, merci beaucoup

Chez nos voisins


La question du net