Lettre ouverte de Julie Boulet
Véhicules hors route, une nouvelle étude de sécurité est commandée
Au cours des derniers mois, plusieurs utilisateurs de quad nous ont demandé de modifier la Loi sur les véhicules hors route afin de permettre le transport d’un passager sur un quad conçu pour une personne.
D’abord, j’aimerais rappeler que cette loi est en vigueur depuis 1997 et qu’elle a été présentée à l’Assemblée nationale par le ministre péquiste des Transports de l’époque, monsieur Jacques Brassard. Cette loi a été adoptée pour des motifs de sécurité. D’ailleurs les fabricants affichent des mises en garde sur leurs véhicules indiquant qu’il est interdit de transporter un passager.
En 2001, la Fédération québécoise des clubs quads (FQCQ) avait mené une étude statique (sur une table de renversement) sur le transport d’un passager sur un quad conçu pour une personne. Les résultats. Lors des tests dynamiques, ont démontré le renversement complet des véhicules en mouvement.
C’est pourquoi, en 2003, suite à la recommandation d’un groupe de travail, composé de la FQCQ, de fabricants de véhicules et de fabricants de sièges, le ministère des Transports avait confié à un chercheur, professeur en Génie mécanique de l’Université du Québec à Rimouski, la réalisation d’une étude dynamique à laquelle la FQCQ a pleinement collaboré, notamment lors des essais.
Le chercheur avait conclu que le transport d’un passager n’était pas sécuritaire puisque la présence d’un passager sur un véhicule non conçu pour deux, avait comme conséquence de déstabiliser le véhicule en déplaçant son centre de gravité.
Préoccupés par la sécurité des quadistes, mais aussi sensibles à leurs demandes, nous avons donc décidé de réaliser une étude complémentaire afin de vérifier le niveau de sécurité lorsqu’un conducteur circule avec un passager à bord, en condition réelle d’utilisation sur les sentiers fédérés. Cette étude sera effectuée en collaboration avec la FQCQ et se déroulera d’avril à septembre 2008.
Dès que les résultats seront connus, nous nous engageons à les rendre publics et, s’il s’avère qu’ils nous permettent d’envisager des changements législatifs sans compromettre la sécurité des usagers, nous les ferons.
Il n’est pas question ici, de capital politique, mais bien de sécurité. Un décès sur nos routes tout comme un décès en véhicule hors route est un décès de trop; voilà notre principale préoccupation. D’ici là, nous continuerons à travailler et à multiplier les efforts afin d’assurer la sécurité des utilisateurs et contribuer au maintien de cette industrie fort importante dans nos régions.
- Julie Boulet
Ministre des Transports du Québec