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Au boulot malgré tout

Depuis 25 ans, Pierre Paquin est ébéniste malgré un handicap visuel

par Andrée-Anne Trudel
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Article mis en ligne le 12 avril 2008 à 9:00
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Au boulot malgré tout
«J'ai la fierté de dire que ce que j'ai, c'est moi qui l'ai fait et je l'ai fait à la sueur de mon front. Il y a bien du monde qui serait arrangé comme moi et qui resterait chez eux» - Pierre Paquin Photo L'Hebdo/Andrée-Anne Trudel
Au boulot malgré tout
Depuis 25 ans, Pierre Paquin est ébéniste malgré un handicap visuel
Avoir un emploi même avec un handicap majeur est possible. Pierre Paquin en est la preuve vivante. Il réussit depuis 25 ans à exercer sa profession d'ébéniste, et ce, malgré un handicap visuel important.
«J'admets que ce n'est pas commun un ébéniste qui a de la misère avec ses yeux!», lance-t-il d'entrée de jeu. En fait, M. Paquin ne voit plus de l'œil droit et le gauche ne voit qu'à environ 10%, en raison d'une rétinite pigmentaire combinée à un glaucome.

Plus jeune, il était conscient que son handicap lui mettrait des bâtons dans les roues. En 1983, il créa son propre travail en mettant sur pied son commerce, Ébénisterie Les Chutes de Shawinigan.

«Un moment donné, je me suis dit: "Avec la vision que j'ai, un jour il n'y aura plus personne qui va vouloir m'engager." J'ai donc créé mon propre emploi», ajoute-t-il. Malgré la dégradation de sa vue au fil des ans, il se retrousse les manches et trouve de nouveaux trucs pour pouvoir continuer d'exercer son métier.

Ruban à mesurer et calculatrice parlants, télévisionneuse grossissant les factures et les plans, repères sur les équipements et les machines, tournevis de compagnies différentes pour pouvoir les différencier au toucher; les trucs de Pierre Paquin sont nombreux. De plus, comme il travaille seul, personne ne peut déplacer les outils derrière lui.

Ses clients restent tout de même surpris de constater que leur ébéniste est malvoyant. «Habituellement, les gens me demandent comment je fais! Il y a des gens qui ont leurs yeux et qui ne sont pas habiles pour faire du travail manuel. Mais moi ce n'est pas pareil. Quand je fais un meuble, c'est comme si je le faisais pour moi à chaque fois», explique-t-il.
Un travail, une passion
Pierre Paquin est réellement passionné de son métier. Les clients qui passent la porte de son commerce peuvent jeter un coup d'œil sur quelques-unes de ses pièces, pour rassurer les plus sceptiques.
Il se spécialise dans la confection de meubles sur mesure, la réparation d'ameublement et la création d'urnes funéraires. «Ce que je fais, c'est du meuble de qualité et tout ce que j'espère c'est que ma vue dure jusqu'à ma retraite, dans une dizaine d'années. Tant que je vais être capable de continuer, je veux continuer», mentionne l'ébéniste.

Pour ajouter à sa ténacité, M. Paquin a commencé des cours d'informatique à l'automne. Il aura son propre ordinateur portable doté d'un logiciel effectuant la lecture de ce qui se trouve sur la page. Il s'agit d'un plus pour son entreprise. «Je vais pouvoir aller sur Internet, recevoir et envoyer des courriels, entrer en contact avec des fournisseurs. Ça va m'amener des débouchés», espère-t-il.
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