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Quand le bonheur est le chemin

André Perreault par André Perreault
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Article mis en ligne le 26 mai 2008 à 7:43
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Quand le bonheur est le chemin
C’est pour moi, un privilège, un honneur et une fierté de présenter un hommage fort mérité au fondateur du Centre d’entraide aux Rayons du Soleil, Jean-Guy St-Onge qui quittera ses fonctions de directeur général le 31 mai prochain. Hâte-toi de bien te vivre en paix et en harmonie. Songe que chaque jour de ta retraide est en soi une vie comme l’a énoncé le grand philosophe stoïcien Sénèque.
Quand le bonheur est le chemin
Le Centre d’entraide aux Rayons du Soleil a vu le jour à Grand’Mère, le 10 juin 1991 par un modeste poste d’accueil pour alcooliques et toxicomanes.
Son fondateur est un homme qui a d’abord lui-même voulu quitter son monde d’obscurité, d’atroces souffrances psychosomatiques et de déchéance morale pour que ses frères et sœurs en crise et au prise avec les mêmes problèmes que lui puissent voir la lumière au bout du tunnel. Cet homme est l’aidant naturel, Jean-Guy St-Onge, devenu un intervenant certifié, l’unique instigateur du Cears, le directeur général de ce centre d’hébergement qui a pignon sur rue au 268, de la 6e Avenue à Grand’Mère.

C’est une complicité de plus de sept ans à titre de président du conseil d’administration du Cears qui m’aura permis de connaître personnellement cet être de cœur, de courage, d’audace, de dévouement peu commun et nanti d’une perspicacité qui n’avait d’égal que sa détermination à vaincre tous les obstacles. Un jour ce Jean-Guy St-Onge a cessé de se cacher dans un «inaccessible ailleurs» pour devenir le bâtisseur de sa propre vie, le tremplin du redressement de la vie d’autrui.
Parti de loin
Par manque de soutien et non parce que déficient intellectuel, Jean-Guy St-Onge aura peine à compléter ses études primaires. Dès l’âge de 14 ans, il habitera la rue où il y apprendra l’abc du parfait manipulateur afin de survivre aux misères du quotidien. Avec les années, il deviendra alcoolique puis itinérant. Sans logis, la misère, la sous-alimentation, la pauvreté la plus cruelle seront son lot au plus bas de sa déchéance. Un jour béni, Jean-Guy comprendra qu’il ne faut jamais boire parce qu’un autre a soif. Ce sera là le début d’un redressement de vie qui lui apportera enfin confiance en lui-même, joie de vivre, harmonie et paix de l’âme.
Grand cœur sans moyen
Rien ne le prédispose à pouvoir aider ses semblables minés par la problématique de la polytoxicomanie.. Jean-Guy est sans le sous mais prêt à partager son plat du midi qu’il a quêté avec un plus démuni que lui. Jean-Guy est vulnérable, sans aucune crédibilité sociale mais il connaît au fond de son cœur sa destinée et sa raison d’aide. Sans études mais connaissant bien le cruel destin de ceux et celles qui souffrent, Jean-Guy sait que dorénavant, il sera le garde-fou de cette indigence inhumaine, de ce dénuement indescriptible, de cette mendicité outrancière.
Désormais les plus grands efforts de sa vie seront consentis à mettre sur pied un modeste lieu de rencontre en plein centre-ville pour permettre aux délaissés de la société de se rencontrer avec un café en main servi gratuitement. Dans un sous-sol humide, presqu’insalubre il le rénovera avec des matériaux usagés et un ameublement de très seconde main. Le Centre était créé. Il retournera aux études secondaires, collégiales et universitaires. Ils partagera son savoir en donnant d’incalculables sessions de croissance personnelle.
L'homme qui aide mais qui dérange
Pendant plusieurs années, le manque de ressource financière de ce bâtisseur sera toujours un léger incommodant comparativement à la mesquinerie de ses congénères qui souhaitaient prendre sa place plutôt que de le soutenir à tenir en place. Avec raison, et avant qu’il fasse ses preuves, les professionnels de la santé souhaitaient davantage qu’il ferme ses portes plutôt que de l’aider à agrandir.
Sans snobisme, avec simplicité et un cœur compatissant, Jean-Guy avançait à pas de tortue mais convaincu que sa mission lui permettait de rescaper tant de désavoués de la communauté. Aujourd’hui même, ce 24 mai, 2008, on célébrera l’accomplissement de ta vie, le Cears, comme tu l’as rêvé, avec un hébergement de qualité, un personnel compétent et dévoué… Longue vie, mon Jean-Guy, tu as toute notre affection et notre admiration pour ta si sage et si vigoureuse perception de l’aide à apporter aux plus démunis que tu as rescapés, sans jugement, avec tellement de respect de leur difficile condition de vie. Tu nous as fait comprendre que pour toi le bonheur est une trajectoire et non pas une destination.

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