Dans ses spectacles en plein air, Claude Dubois privilégie des pièces plus rythmées, ce qui ne l'empêchera pas de les entrecouper de ses merveilleuses ballades. (Photo courtoisie Daniel Jalbert)
J'ai souvenir encore de Claude Dubois
L'artiste viendra interpréter ses classiques au Festi-Beach de Lac-à-la-Tortue
Au bout du fil, attrapé entre deux répétitions de Rencontres présenté les 3, 4 et 5 juillet derniers devant l'Assemblée nationale dans le cadre du 400e de Québec, Claude Dubois est en verve.
L'artiste vient de trouver une oreille pour se défouler un peu. Nationaliste convaincu et convaincant, il en a contre la rigidité de la mise en scène et du concept du spectacle qui ne se prêtera pas aux grandes envolées patriotiques. Mais ses quarante ans et quelques de métier aidant, Claude Dubois n'en laissera rien paraître lors de sa prestation puisque le lendemain de la première, les critiques signalaient sa magistrale interprétation de Chasse Galerie.
À Lac-à-la-Tortue le samedi 19 juillet, dans le cadre du 9e Festi-Beach, délivré des carcans, il aura toute la lattitude pour lancer ses messages politiques. Quarante-deux ans après la sortie de sa chanson J'ai souvenir encore, Claude Dubois avoue ressentir toujours autant de plaisir à monter sur scène. «J'aime encore beaucoup le métier que je fais et plus que jamais, j'ai l'impression de le pratiquer comme à mes débuts lorsque je chantais dans les sous-sol d'église.»
Et devant le public, Dubois ne joue pas la carte du chanteur qui veut faire passer ses nouvelles chansons avant ses classiques, aussi nombreux que mémorables. «Je les réinterprète au goût du jour. J'ai toujours du plaisir à les revoir et à les redonner», lance celui qui a lancé il y a quelques semaines Dubois par chœur, un CD double comprenant 22 de ses succès interprétés avec des choristes.
Expliquer l'attachement des Québécois à Claude Dubois ne se résume pas aux 250 000 copies vendus de Duos Dubois où l'artiste revisite treize de ses compositions en compagnie des Cabrel, Dion, Vigneault et cie. «Je n'ai jamais écrit de chansons jetables, évoque-t-il. À Jeunesse d'aujourd'hui dans les années 1960, quand je chantais «Les rats dans l'escalier prenaient leur déjeuner», on disait que j'étais un fucké. Pourtant, la chanson J'ai souvenir encore demeure encore d'actualité aujourd'hui. À ce que je sache, la pauvreté est encore très présente aujourd'hui!»
Au début de la soixantaine, Claude Dubois aspire à pratiquer son métier aussi longtemps que la santé lui permettra. Pas de retraite à la Jean-Pierre Ferland dans son cas. «Maurice Chevalier et Charles Trenet ont chanté jusqu'à la fin de leur vie et ils ne l'ont pas fait pour l'argent car ils étaient riches comme Crésus.»
En fait, fidèle à son image de mauvais garçon, Dubois œuvre en marge du show business et de ses conventions. «C'est rendu un métier de vedette et je ne fais pas de vedettariat, dit-il. Je ne fais plus de tournée depuis une dizaine d'années. Je préfère donner des spectacles aux endroits où on me demande. Et ça semble fonctionner puisque je me produis toujours devant des salles pleines. Comprenez en ce que vous voudrez!»
Pour Claude Dubois, la question se résume à deux choix: apparaître ou disparaître. Notez bien que sa prochaine apparition aura lieu samedi prochain, sur la Plage Idéale, à Lac-à-la-Tortue…