Quand l’eau est sur toutes les lèvres
Heureuse des jours un peu plus doux qui sont revenus parmi nous, il me fait plaisir de vous adresser quelques mots avant les vacances de la construction.
L’été ensoleillé a tardé à venir, la saison touristique a eu du mal à prendre son envol sous le poids de la température et de la hausse du prix de l’essence mais, je sens au moins localement que nous sommes à ce que je qualifierais de ‘tournant citoyen’. Il y a une préoccupation naissante sur l’avenir local social, environnemental et économique. Les citoyens veulent prendre part aux décisions.
Ils ont compris que «Les problèmes environnementaux naissent de l’injustice et de la course à la consommation» (Steven Guilbeault: Équiterre). Ainsi, je vois partout, malgré le manque de temps caractéristique de nos sociétés modernes, de plus en plus de gens s’intéresser au devenir de leurs collectivités. L’initiative de Saint-Mathieu-du-Parc est un exemple en la matière et que dire de Saint-Élie, de Saint-Tite, de Saint-Jean-des-Piles, de Saint-Boniface, etc. Chaque localité pense désormais un projet environnemental et mobilisateur.
Pourtant, certaines décisions politiques semblent aller à contre-courant des voix qui s’élèvent courageusement de la population et de ses éléments les plus dynamiques. Nous devons une fois de plus prendre la parole et rappeler que la démocratie est celle qui doit décider en fin de compte et pourtant …
Des investissements non contrôlés, un manque de transparence, des jeux et des jeux, soumissions par-dessus soumissions, outils et maillons d’une chaîne de fausse économie, dépassement de budgets et manipulations comptables qui s’additionnent, erreurs d’ingénieries, sites contaminés, choix d’emplacement irresponsable pour des infrastructures, des millions ($) qui apparaissent et disparaissent à souhait : le contribuable a des raisons de questionner les administrations et leurs sous-contractants. Le dossier de l’aréna parle par lui-même.
C’est la même chose pour le dossier de l’approvisionnement en eau potable de la ville de Shawinigan. On piétine, on bafouille, on cafouille, on souhaite nous imposer de boire l’eau de la rivière Saint-Maurice et ce pour la modique somme estimée (à ce jour …) à 90 millions. «Ce dossier embarrasse la Ville» (Guy Veillette: Le Nouvelliste). Que faut-il dire de plus pour éviter une autre erreur monumentale? Bien que possiblement potable, l’eau de la rivière Saint-Maurice est inférieure en qualité à celle des lacs qui approvisionnement actuellement nos aqueducs.
Consolidons nos acquis au lieu de nous lancer dans de folles dépenses en inadéquation avec notre situation financière. Nos infrastructures actuelles nécessitent déjà suffisamment d’investissements sans penser en créer de nouvelles qu’il faudra ensuite entretenir. L’économie c’est aussi la prévision et la juste connaissance de ses moyens. Des mesures simples peuvent être prises et il n’est nul besoin pour cela que nous nous approvisionnions ailleurs: entretient des barrages et décharges sur les lacs, meilleures protections des lacs et de leurs rives, privilégier les moteurs électriques et les embarcations non motorisées, réparations des bris majeurs de l’aqueduc actuel, responsabilisation citoyenne sur le caractère précieux de l’eau. Il suffit d’avoir un peu d’imagination et de volonté politique pour le faire.
En espérant que personne ne profitera des vacances estivales pour obliger une fois de plus des citoyens pourtant alertes à gober une autre facture salée …
J’ai hâte de voir l’aréna construit mais j’espère qu’au moins qu’après cette expérience, on ne refera pas les mêmes erreurs avec l’approvisionnement en eau potable !
- Sacki Carignan Deschamps
Secteur Saint-Jean-des-Piles