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Les loyers ont augmenté trop vite, déplore un institut de recherche

Presse Canadienne Article mis en ligne le 27 juin 2008 à 0:00
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MONTREAL - Bien que le taux d'inoccupation des logements augmente, les loyers ont crû à un rythme élevé depuis 2000, déplore l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS).
Dans sa plus récente note sur la situation du logement au Québec, l'institut affirme qu'entre 2000 et 2008, le loyer d'un appartement moyen de deux chambres a augmenté de 27,6 pour cent au Québec, passant de 495 $ à 632 $.
A Montréal, ce même logement type aurait grimpé de 509 $ à 643 $, selon l'IRIS.
La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec conteste ces chiffres, affirmant que l'institut ne compare pas des données comparables. "C'est évident que les loyers ne peuvent pas avoir augmenté de 26 pour cent au cours des dernières années", s'est exclamé le responsable des communications de la CORPIQ, Hans Brouillette, en entrevue.
Il souligne que certains chiffres sur lesquels se fonde l'institut proviennent de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), qui exclut de son échantillon les petits immeubles locatifs qui ont moins de trois logements à louer. Or ces duplex et triplex sont nombreux au Québec.
Il note aussi que la construction d'édifices à logements pour personnes âgées, par exemple, peut hausser la moyenne des loyers dans un quartier ou une ville sans que les autres loyers n'aient été démesurément affectés.
Tant l'institut que la CORPIQ soulignent que la Régie du logement, pourtant, ne recommande que des hausses de loyer de 1 ou 2 pour cent par année.
Pourtant, l'IRIS parle tout de même d'une "flambée" des prix du logement et d'une crise du logement.
L'institut explique cette "crise" par le fait que le marché du logement n'est pas suffisamment contrôlé et que les promoteurs sont plus intéressés à construire des condominiums que des logements, pour des raisons de rentabilité.
"Même avec les hausses (de loyer) qu'on connaît, les condos sont toujours plus rentables pour les promoteurs", a soutenu l'un des deux auteurs de la note, Marc Daoud, au cours d'une rencontre avec la presse.
"Il n'y a aucun incitatif pour les promoteurs immobiliers de passer du condo au locatif, de sorte que le marché étant laissé à lui-même, il ne répond pas aux besoins de la population", a-t-il ajouté.
M. Daoud et son coauteur, Guillaume Hébert, avancent aussi un autre facteur pour expliquer cette crise: la conversion de logements en copropriétés, ce qui soustrait des logements du parc de logements locatifs.
Là encore, la CORPIQ affirme que l'idée d'une flambée des prix "ne tient pas debout", rappelant que le Québec a les loyers parmi les plus bas au Canada.
M. Brouillette, de la CORPIQ, admet cependant "un problème d'abordabilité" des logements pour les ménages à plus faible revenu. L'IRIS cite le cas des personnes âgées, des familles monoparentales, des prestataires de l'aide sociale et des travailleurs au salaire minimum.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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