FREDERICTON - Alors que le bilan des victimes de l'éclosion de listériose s'alourdissait, mardi, un éditorial publié dans le Journal de l'Association médicale canadienne critique sévèrement le gouvernement fédéral, auquel il reproche d'avoir miné les mesures de protection de la santé publique.
Une octogénaire du Nouveau-Brunswick est devenue la 17e personne dont le décès est maintenant attribué aux produits alimentaires ayant fait l'objet d'un rappel et provenant d'une usine des Aliments Maple Leaf à Toronto. Il s'agit du seul cas confirmé de listériose au Nouveau-Brunswick depuis que l'éclosion d'envergure nationale a été signalée pour la première fois au mois d'août. C'est aussi le premier décès de ce type dans les provinces atlantiques.
Le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick a fait savoir mardi que la femme a été infectée par la souche de la bactérie Listeria associée à l'éclosion en cours.
Comme dans les épidémies de Walkerton (en Ontario) et du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), une éclosion de cette envergure est un signe de défaillances systémiques à plusieurs niveaux, indique l'éditorial publié dans le plus récent numéro de la publication. "La Listeria est l'agent biologique, les viandes froides sont le vecteur, mais la cause ultime pourrait remonter à des décisions gouvernementales risquées."
L'éditorial, signé par plusieurs médecins et rédacteurs, dit que le premier ministre Stephen Harper a renversé une bonne partie des progrès réalisés par les précédents gouvernements en santé publique. Il dénonce notamment la décision du gouvernement conservateur de transférer les tâches d'inspection des viandes prêtes à manger à l'industrie elle-même, tout en autorisant des normes en matière de Listeria moins exigeantes qu'elles ne le sont dans la plupart des pays et en dépouillant l'Agence de la santé publique du Canada d'une bonne part de son influence politique.
L'éditorial réclame aussi une enquête publique, indépendante et complète sur les lacunes du système canadien d'inspection alimentaire, plutôt que l'examen préconisé par le gouvernement Harper.
La docteure Eilish Cleary, médecin-hygiéniste en chef intérimaire pour le Nouveau-Brunswick, a dit que la listériose avait contribué au décès de la femme, qui habitait dans un centre d'hébergement de longue durée.
Elle a souligné que les Services de santé publique du Nouveau-Brunswick travaillent de concert avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments et l'Agence de santé publique du Canada depuis le début de l'éclosion.
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