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Les conservateurs semblent avoir le vent dans les voiles malgré une semaine ardue

Presse Canadienne Article mis en ligne le 11 septembre 2008 à 23:00
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Les conservateurs semblent avoir le vent dans les voiles malgré une semaine ardue
Le chef conservateur Stephen Harper. LA PRESSE CANADIENNE /Tom Hanson
MONTREAL - Malgré une première semaine de campagne électorale qui a apporté aux conservateurs son lot de mésaventures, le chef Stephen Harper a le vent dans les voiles, un vent qui pourrait le pousser vers la majorité qu'il espère tant.
Un nouveau sondage dévoilé vendredi laisse entendre que le Parti conservateur s'est dégagé une avance plutôt confortable devant ses plus proches adversaires, les libéraux.
Le sondage La Presse Canadienne - Harris-Décima accorde 41 pour cent des intentions de vote au Parti conservateur, loin devant le Parti libéral, qui obtiendrait 26 pour cent des voix.
Le Nouveau Parti démocratique (NPD) arrive au troisième rang, avec 14 pour cent de la faveur populaire; le Parti vert suit avec neuf pour cent. La marge d'erreur du sondage est de 2,6 points de pourcentage, 19 fois sur 20.
De façon générale, on estime qu'un gouvernement majoritaire est possible lorsqu'un parti franchit le seuil des 40 pour cent.
Ces résultats sont surprenants puisque selon la maison de sondage, ils laisseraient entrevoir une percée des conservateurs chez des groupes d'électeurs qui s'avéraient plus réticents à se laisser séduire par Stephen Harper, comme les populations des grandes villes ou les femmes, par exemple.
Au Québec, les conservateurs font également bonne figure, avec 28 pour cent des intentions de vote, bien qu'ils se fassent toujours damer le pion par le Bloc québécois, qui glane 35 pour cent de la faveur populaire. Les libéraux de Stéphane Dion se classent troisièmes, à 17 pour cent, devant le NPD à 10 pour cent et le Parti vert à 7 pour cent. Comme l'échantillon pour la province est plus restreint, la marge d'erreur est par contre plus élevée.
Le sondage - mené par téléphone auprès de plus de 300 électeurs chaque soir, entre lundi et jeudi pour un total de 1400 personnes - est d'autant plus remarquable que la semaine des conservateurs a été marquée par plusieurs gaffes et deux reculs de M. Harper.
Et la journée n'a pas débuté par une bonne nouvelle, vendredi, puisque le prix de l'essence a fait un bond de 13 cents en quelques heures. Chaque hausse des prix amène son lot de grogne chez les automobilistes qui ont rapidement tendance à blâmer les gouvernements pour les prix élevés.
Questionné à savoir si les consommateurs "se font rouler" par les pétrolières, le chef conservateur n'a d'ailleurs pas hésité à avancer que "ce semble le cas". Mais M. Harper a aussitôt ajouté qu'il ne voulait pas réagir de manière excessive à ce qu'il a appelé des fluctuations quotidiennes des prix des carburants.
Le chef du NPD, Jack Layton, dont le parti est toujours prompt à défendre les consommateurs, a promis une réglementation sévère et un suivi des prix des carburants.
Le chef libéral Stéphane Dion a de son côté répliqué que l'abus au niveau des prix du pétrole "n'est pas la source principale du problème, et (M. Harper) le sait très bien". Il a promis d'accroître les ressources du Bureau de la concurrence du Canada.
M. Dion a aussi profité de l'envolée des prix du pétrole pour ramener sur le tapis son fameux "Tournant vert", en rappelant que l'essence n'a pas fini de grimper et qu'il faudrait plutôt réduire la dépendance à l'or noir.
Le chef libéral, qui faisait campagne en Colombie-Britannique, a aussi promis, vendredi, d'investir près de 600 millions $ en quatre ans pour aider les ménages à réduire leur consommation d'énergie en rénovant leur maison. Par exemple, un gouvernement libéral offrirait un crédit d'impôt de 10 000 $ aux propriétaires qui souhaitent isoler leur résidence ou en changer les fenêtres.
Duceppe parle de Constitution
Poursuivant sa campagne où il tente de démontrer les limites du fédéralisme d'ouverture des conservateurs, le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe a déclaré que M. Harper, s'il veut prouver son ouverture, doit saisir la balle au bond et enclencher le processus d'amendement à la Constitution.
Les conservateurs "se sont tous glorifiés de reconnaître la nation québécoise. Bien quand on reconnaît ça, on signe au bas (de la Constitution)", a dit M. Duceppe, en point de presse.
Il a rapidement été rabroué par le chef conservateur, qui s'est moqué de sa demande.
"Aujourd'hui, M. Duceppe m'a offert de travailler avec lui pour réformer la Constitution canadienne, mais en tout cas, il n'a pas l'intention de (la) signer. C'est de plus en plus bizarre", a lâché M. Harper.
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, l'a aussi rejetée du revers de la main.
"Personne de sérieux propose de rouvrir la Constitution. Je connais bien le Canada, je connais évidemment le sentiment au Québec là-dessus. Ce n'est pas la Constitution qui est à l'ordre du jour", a commenté M. Charest.
Harper s'attarde à l'économie
Par ailleurs, le chef conservateur faisait campagne vendredi sur le thème de l'économie. Il a suggéré d'assouplir des règles encadrant les investissements étrangers afin d'attirer plus d'investissements au Canada. Sa proposition a suscité les critiques de ses adversaires qui y voient une menace éventuelle de prise de contrôle des entreprises détenues par des intérêts canadiens.
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