BAR HARBOR, Maine - Jean Charest assure qu'il ne baissera pas les bras, malgré la fin de non-recevoir que le chef conservateur Stephen Harper a réservé à son projet de rapatrier la pleine maîtrise d'oeuvre en culture.
Lundi, en point de presse, le premier ministre du Québec a semblé prendre avec philosophie, sans s'offusquer, le refus affiché par M. Harper.
Selon lui, les choses se passent toujours ainsi dans les dossiers revendiqués par Québec, mais finalement, à force de taper le clou, le gouvernement fédéral jette du lest et négocie.
Vendredi, M. Charest est revenu à la charge avec une revendication traditionnelle du Québec: gérer selon ses propres priorités et critères les sommes allouées par Ottawa au secteur culturel.
Mais dimanche, le chef conservateur, qui faisait campagne à Terre-Neuve, a semblé opposer un refus net aux attentes du Québec, en faisant valoir que le gouvernement fédéral avait la responsabilité de promouvoir les deux cultures nationales.
"On n'a jamais dit qu'il n'y avait pas de rôle pour le fédéral au niveau de la culture", a nuancé M. Charest, qui n'a pas conclu des remarques de M. Harper qu'il fermait la porte à toute négociation d'une entente cadre avec le Québec sur la culture. Au contraire.
"On va continuer. Et je m'attends à ce qu'il y ait une résistance du fédéral à la proposition que nous avons faite. Cela a été ça pour l'assurance parentale, cela a été ça pour la santé, cela a été ça sur la nation, cela a été ça également dans tous les dossiers sur la péréquation", a-t-il énuméré.
Par conséquent, M. Charest dit prendre "avec un grain de sel" le refus de M. Harper et compte sur le fait que les parlementaires fédéraux des différents partis se rallieront à ce projet et y donneront suite.
Il espère d'ailleurs que le débat des chefs, durant la présente campagne électorale, sera l'occasion de pousser plus loin cette revendication du Québec.
Dimanche soir, M. Charest participait au gala des Gémeaux et il a dit apprécier le fait que plusieurs gens du milieu, dont le comédien Vincent Gratton, ont pris la parole pour dénoncer - comme il l'avait fait lui-même - les coupes imposées par le gouvernement fédéral dans plusieurs programmes culturels.
La sortie politique de M. Gratton, livrée sur un ton enflammé, lui a valu une ovation, mais M. Charest lui ne s'est pas levé, jugeant que ce n'était pas son rôle comme premier ministre, surtout que le comédien semblait inviter la foule à ne pas voter pour le Parti conservateur.
"Comme premier ministre du Québec, ce n'est pas là où je veux me rendre, moi je veux poser des questions", a-t-il dit.
M. Charest a fait ces commentaires dans le cadre de la 32e conférence des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l'est du Canada, qui se tient jusqu'à mardi soir à Bar Harbor, un centre de villégiature situé sur la côte atlantique, dans le Maine.
La conférence réunit six Etats américains et cinq provinces: Terre-Neuve, la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brunswick, l'Ile-du-Prince-Edouard et le Québec. Du côté américain, les Etats représentés sont, outre le Maine, le Connecticut, le Massachusetts, le New Hampshire, le Rhode Island et le Vermont.
Les 11 leaders échangeront sur divers dossiers d'intérêt commun, dont le transport transfrontalier, l'exportation d'électricité et la réduction des gaz à effet de serre.
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