OTTAWA - Une femme qui a travaillé comme secrétaire pour l'ex-commissaire à la protection de la vie privée George Radwanski affirme avoir quitté son emploi peu après l'arrivée de ce dernier en poste parce qu'elle se sentait "persécutée".
Thérèse Dubuc, qui témoignait pour la Couronne au procès pour fraude et abus de confiance de Radwanski, lundi, a déclaré avoir eu l'impression que son patron voulait qu'elle s'en aille peu de temps après qu'il lui eut demandé de vérifier si les politiques gouvernementales l'autorisaient à se faire rembourser des repas "à répétition". Mme Dubuc a dit avoir posé la question à un conseiller haut placé au sein du bureau, qui lui a répondu que ce n'était pas souhaitable.
Elle a affirmé qu'elle n'était pas d'accord avec les demandes de remboursement de dépenses de Radwanski, dont des vols réguliers vers Toronto, en classe affaires, la fin de semaine, mais a ajouté qu'elle n'a pas abordé la question avec lui. "Je n'allais pas lui dire 'faites-le ou ne le faites pas'; j'espérais qu'il connaisse ses limites", a-t-elle mentionné en Cour de justice de l'Ontario.
Interrogée par le procureur de la Couronne, Robert Wadden, Mme Dubuc, qui avait travaillé avec le précédent commissaire à la vie privée pendant deux ans avant l'arrivée de George Radwanski, a indiqué avoir quitté son emploi en janvier 2003. "J'étais persécutée", a-t-elle soutenu devant le juge Paul Bélanger.
Elle a ajouté avoir dit à son patron qu'il était inapproprié d'inviter des employés de son propre bureau à des repas d'affaires, comme il le faisait régulièrement avec sa responsable des communications. Mais un autre témoin, Ruth McEwan, ex-directrice des services financiers au bureau des commissaires à la protection de la vie privée et à l'information, a reconnu que c'était permissible.
Les personnes nommées par le cabinet sont autorisées à avoir des repas de travail avec des membres de leur personnel, a indiqué Mme McEwan. Selon elle, ces repas allaient à l'encontre de l'"esprit" des règles en matière de frais de représentation, mais elle a admis que ce serait difficile à déterminer sans connaître le but de la rencontre.
Mme McEwan a aussi reconnu qu'elle n'était pas au courant de la charge de travail de Radwanski. Peu après son accession au poste, le commissaire a eu à traiter avec la nouvelle législation adoptée par le Parlement en matière de vie privée, et a dû faire face aux répercussions, sur la vie privée des citoyens, des lois antiterroristes introduites dans la foulée des attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
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