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Des hausses du prix de l'essence mènent à des insinuations d'escroquerie

Presse Canadienne Article mis en ligne le 11 septembre 2008 à 23:00
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OTTAWA - Une hausse d'environ 13 cents du litre d'essence dans certaines régions du Canada, dans la nuit de vendredi, a mené à des insinuations d'escroquerie de la part de chefs de parti à l'endroit des compagnies pétrolières.
Interrogé à savoir si les consommateurs se faisaient rouler par les pétrolières, le chef conservateur Stephen Harper, de passage à Halifax vendredi, a dit que ça "semble être" le cas. Mais M. Harper a aussitôt ajouté qu'il ne voulait pas réagir de manière excessive à ce qu'il a appelé des fluctuations quotidiennes des prix des carburants.
Le chef libéral Stéphane Dion, lui, a répliqué que l'abus au niveau des prix du pétrole "n'est pas la source principale du problème, et (M. Harper) le sait très bien". Il a promis d'accroître les ressources du Bureau de la concurrence du Canada.
Par ailleurs, M. Dion a rejeté les prétentions selon lesquelles son "Tournant vert", par lequel une taxe sur le carbone serait imposée aux pollueurs, serait mal accueilli par les électeurs confrontés à des prix plus élevés à la pompe. "M. Harper a lui-même admis aujourd'hui (vendredi) que les prix du pétrole et de l'essence vont continuer d'augmenter.
"Il a dit que c'était inévitable. Alors, quelle est sa stratégie pour le Canada? Que compte-t-il faire pour aider les familles à composer avec la situation actuelle, et nos enfants et petits-enfants dans l'avenir?", a ensuite questionné le chef libéral.
Lors d'une allocution à Saint-Jean, Terre-Neuve, une province qui baigne dans les revenus pétroliers exploités en mer, le chef néo-démocrate, Jack Layton, a promis d'intervenir pour freiner les fluctuations de prix.
M. Layton a entre autre affirmé que les grandes pétrolières "ne détiennent pas un permis pour égorger les consommateurs", et a promis de donner plus de dents au programme visant à contrôler les prix du pétrole.
A certains endroits, notamment en Ontario, le prix de l'essence a fait un bond vendredi d'environ 13 cents, à 1,36 $ le litre. La hausse coïncide avec la décision de pétrolières de fermer leurs raffineries dans le golfe du Mexique devant la menace que fait peser l'ouragan Ike.
Peter Boag, président de l'Institut canadien des produits pétroliers, a déclaré que la hausse des prix s'explique par la situation qui prévaut dans l'ensemble du marché nord-américain, et non pas par une stratégie de fixation des prix.
"Il n'existe pas un marché uniquement canadien en matière de carburants, a soutenu M. Boag. Nous oeuvrons dans un contexte nord-américain et dès qu'un événement survient en Amérique du Nord, il y a des retombées sur les prix des carburants au Canada."
Selon M. Boag, la fermeture des raffineries face à la menace de l'ouragan Ike, combinée au fait que d'autres raffineries viennent à peine de reprendre leurs activités après le passage de Gustav, signifie que la capacité de production a été réduite de 15 à 20 pour cent au cours des derniers jours. Selon son expérience passée, ces hausses seront de courte durée.
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