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L'Hebdo du St-Maurice
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OPINION-Ne personnalisons pas le débat

Bernard Lepage par Bernard Lepage
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Article mis en ligne le 13 janvier 2008 à 16:17
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 OPINION-Ne personnalisons pas le débat
OPINION-Ne personnalisons pas le débat
«Ne me force pas à choisir entre ma fonction de ministre et mon devoir envers mes électeurs, lui avais-je dit, parce que je préférerai toujours mes électeurs. Ce sont d'ailleurs eux qui m'ont élu ici, pas toi.»
C'est Jean Chrétien qui raconte l'anecdote dans sa récente biographie Passion politique en relatant une discussion animée qu'il avait eue avec son patron, Pierre Eliott Trudeau.

Le passage n'est pas sans nous rappeler que quelques jours avant le congé des Fêtes, Lise Landry confrontait Julie Boulet, en conférence de presse, en la sommant de «donner la preuve qu'elle est avec nous autres.» La mairesse faisait bien sûr ici allusion au bloc énergétique patrimonial et aux redevances sur l'utilisation des ressources naturelles que Shawinigan exige de Québec pour sortir de la crise provoquée par la fermeture imminente de la Belgo.

Une sortie publique inopportune de la part de la mairesse puisque dès le lendemain, le députée-ministre de Laviolette s'offusquait qu'on puisse mettre en doute les efforts qu'elle avait déployés jusqu'ici.

La porte était toute grande ouverte pour Julie Boulet qui avait beau jeu de rappeler que quatre ministres s'étaient déplacés à Shawinigan au cours du mois de décembre et que le dossier du lac à la Tortue, qui traînait en longueur depuis vingt ans, venait de connaître son dénouement.

Un détournement du vrai problème, de l'essentiel disons-nous! Bien sûr que Shawinigan se réjouit que les riverains tortulinois puisse avoir accès à une eau potable de qualité et évacuer leurs eaux usées en toute conformité. Mais après?

Que quatre ministres empruntent la 55 Nord lorsqu'une usine de plus de 500 employés ferme ses portes, c'est le minimum. Qu'ils lancent un message de solidarité en disant: «On va vous accompagner!». Ça va de soi.

Shawinigan est dans la situation où un membre de sa famille est en phase terminale. Les amis viennent voir le cancéreux en offrant les formules d'usage. Tout le monde sait par contre que dans ces moments-là, la partie la plus difficile commence lorsqu'on ferme la porte derrière la visite.

Ici, Julie Boulet ne fait pas partie de la visite mais de la famille. Et comme membre du clan familial, elle est notre représentante auprès de la visite. La mairesse aurait pu lui rappeler ce détail entre quatre yeux et non pas dans une déclaration publique qui vient personnaliser un débat qui n'en pas besoin.

Ce faisant, la vraie discussion se fait toujours attendre. La dernière chose dont la région a besoin à ce moment-ci, c'est une bataille entre nos leaders. Il y a bien assez d'adversaires pour ne pas s'en inventer de nouveau.

Tous s'entendent que Julie Boulet n'a pas un rôle facile dans cette histoire. Elle est tiraillée entre un conseil des ministres qui lui demande de mettre le couvercle sur la marmite et une population qui s'attend à ce que sa députée soit le porte-voix de ses revendications.

La solidarité ministérielle est une particularité qui permet à nos gouvernements de fonctionner mais elle ne doit pas s'exercer à n'importe quel prix. Surtout pas avec le devoir premier d'un élu qui est de représenter ses électeurs.

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