Jean-Marc Pittet devant l'un des prototypes de cabine qu'il vient de mettre au point pour un client. Un secteur où Elmec entend faire sa marque au cours des prochaines années. (Photo L'Hebdo / Bernard Lepage)
Elmec, une entreprise créatrice de richesse
Si les projets et les espoirs de Jean-Marc Pittet se concrétisent, Elmec sera méconnaissable d'ici quelques années.
L'entreprise grand-méroise est reconnue jusqu'ici pour ses harnais de filage dissimulés sous les tableaux de bord de plusieurs types de véhicule. Une niche où elle a bâti sa réputation dès sa fondation en 1998. Cette année-là, Mégatech Électro décide de quitter ce secteur en offrant la possibilité à un sous-traitant de prendre la relève: Elmec était née.
Dix ans plus tard, Jean-Marc Pittet et son équipe assemblent toujours ces attelages mais le président fondateur de l'entreprise estime que ce serait une erreur stratégique de se cantonner dans cette production où la concurrence est de plus en plus féroce et où l'ombre du géant chinois se profile peu à peu.
«La tendance va vers les entreprises de plus en plus intégrées, explique-t-il. Les clients veulent de moins en moins de fournisseurs. Ces derniers doivent conséquemment élargir leur palette de services, quitte à aller eux-mêmes en sous-traitance. Moi, c'est vers là que je m'en vais.»
Cette philosophie est à la base des projets mis en branle depuis environ un an dans les locaux de l'entreprise basée sur la 2e avenue à Grand-Mère. Pour le compte de quelques clients – essentiellement des fabricants de véhicules industriels hors route - Jean-Marc Pittet élabore des prototypes de cabines alliant armature en acier mais coquille extérieure et éléments intérieurs en fibre de verre, le tout livré dans un design tape-à-l'œil.
Acheter du rêve
«Aujourd'hui, ça ne suffit pas d'offrir un bon produit, il faut qu'il soit beau. Je suis convaincu que s'il est beau, celui qui l'opère sera plus productif. Dans le processus d'achat, les yeux sont un élément dont il faut tenir compte», raconte-t-il en exhibant des brochures européennes de véhicules industriels où ce souci d'esthétisme est bel et bien affiché dans les lignes extérieures. Selon Jean-Marc Pittet, il est bien terminé le temps des cabines carrées inconfortables.
Pour l'instant, l'entrepreneur d'origine helvète absorbe la presque totalité des coûts pour convaincre ses clients du bien-fondé de son projet. «J'ai investi près de 750 000$ en recherche et développement dans la dernière année.»
Ce n'est évidemment pas demain qu'Elmec ira livrer concurrence à Camoplast qui œuvre déjà sur le marché des composantes d’habillage extérieur en polymère mais Jean-Marc Pittet croit fermement que la pérennité et la prospérité de son entreprise passe par cette avenue.
Il embarque dans cette aventure au début de la cinquantaine, fort d'une expérience de quelques années où il opérait, parallèlement à Elmec, l'entreprise Bateaux Nordic à Grandes-Piles. «Quand tu achètes un bateau de plaisance, tu achètes un look! Le fabricant, lui, vend du rêve.»
C'est d'ailleurs ce passage dans l'industrie nautique qui lui a donné la piqûre de livrer un produit intégré plutôt que de se limiter à la production d'une composante. C'est là aussi qu'il a découvert toute la richesse des Mauriciens en matière de fabrication de canots. «La fibre de verre est une matière qui n'a plus de secret pour eux. C'est un savoir-faire sur lequel il faut miser», souligne-t-il.
Selon lui, jumeler ce talent naturel et caractéristique à la Mauricie aux technologies que l'informatisation, l'automatisation et la robotisation peut procurer un avantage distinctif à la région alors que l'avenir passe par la conquête des marchés étrangers.