COMMENTAIRE - Une semaine bipolaire
Curieuse semaine que celle que nous laissons derrière nous. Pour dresser une analogie, je la comparerai à un individu aux prises avec des troubles bipolaires, un psychomaniaco dépressif si vous préférez qui nage entre deux eaux: l'euphorie et la dépression.
Même si la sentence était connue depuis une dizaine de jours, l'arrêt de production de papier à la Belgo dans la matinée de lundi a provoqué un malaise généralisé dans la ville. Pendant un instant, Shawinigan a eu le souffle coupé et dans son cercueil, les oreilles d'Hubert Biermans se sont mises à siler.
Les Shawiniganais ont vu fermer dans le passé de grosses industries, qui employaient même plus d'ouvriers, mais la Belgo fait ici figure de symbole. Elle est inscrite dans les gènes mêmes de ceux qui n'y ont jamais mis les pieds.
C'est encore avec de l'apathie dans la voix et dans les yeux que les leaders socio-économiques de la communauté se sont rendus le lendemain, mardi, à l'Espace Shawinigan pour participer à Contact Affaires.
Rodé au quart de tour et bien préparé par la SADC, le rendez-vous a eu l'effet d'un électrochoc pour une grande majorité des participants. Pas de ton défaitiste là-bas mais plutôt du dynamisme en abondance et, surtout, une multitude de jeunes et moins jeunes entrepreneurs qui ont cet esprit d'entrepreneurship qui manquait justement à leurs aînés.
Il y avait là des contacts à faire, des idées à aller chercher mais surtout, une ambiance inspirante pour les affaires et pour l'avenir. C'est avec la certitude que, même si elle pivotera moins rapidement, la terre continuera à tourner après le 22 mars – fermeture définitive de la Belgo – que gens d'affaires et décideurs ont quitté l'Ancienne-aluminerie-de-Shawinigan en fin d'après-midi.
Endormie avec cette dose d'énergie, c'est frais rasée et avec beaucoup d'enthousiaste que Shawinigan a amorcé la journée de mercredi en recevant la délégation de la LHJMQ.
C'est avec une mine rafraîchie que le comité des Cataractes à fait la cour à Bernard Lord et ses collègues et selon tous les commentaires entendus en fin de journée: aucune fausse note dans le concert des Shawiniganais. Il faut dire que les musiciens avaient tout un virtuose dans leur rang avec Jean Chrétien qui obtient instantanément une capacité d'attention lorsqu'il prend la parole.
Chat échaudé craint l'eau chaude et plusieurs se souviennent qu'en novembre dernier, la délégation shawiniganaise pour l'obtention des Jeux du Québec en 2010 se dirigeait vers Montréal avec une assurance qui l'a fait tombée encore de plus haut lorsque le verdict a été rendu en faveur de l'Outaouais.
Mais bon, on ne commencera certes pas à blâmer des gens qui sont confiants. Il y en a tellement d'autres qui sombrent naturellement dans le défaitisme que de croiser une minorité à l'esprit fonceur, personne ne s'en plaindra.
L'après-Belgo sera long à panser mais c'est avec une série de petites victoires, comme la présentation de Contact Affaires et la prestation des bénévoles des Cataractes, et quelques grosses, comme l'éventualité de remporter la loterie Coupe Memorial, que Shawinigan arrivera à redresser l'échine.