Astérix et Obélix étaient à l'ordre du jour cette semaine à l'Hôtel de ville de Shawinigan!
- COMMENTAIRE - Shawinigan bashing
Avez-vous déjà entendu l'expression Québec bashing?
L'encyclopédie libre Wikipédia parle d'«une attitude de dénigrement du Québec et des francophones qui l'habitent parfois trouvée dans le monde anglo-saxon, et plus particulièrement dans la presse canadienne d'expression anglaise.»
Et bien, je vais vous dire, je crois qu'il existe aussi un Shawinigan bashing mais ce qui est d'autant plus sérieux et grave, c'est qu'il est souvent colporté par… des Shawiniganais.
Vous avez des doutes sur ma théorie? Songez aux nombres d'entrepreneurs locaux qui ont utilisé les médias depuis quelques années pour dénoncer l'inertie de l'Hôtel de ville au chapitre économique.
Et lorsqu'on verse dans cette attitude de dénigrement en utilisant les médias à témoin, il est de mise d'y aller avec les formules les plus frappantes. Ça fait partie de la recette parce que ça fait rire la galerie des gérants d'estrade.
Cette semaine encore, deux agents immobiliers se sont présentés en séance du conseil. Pour illustrer le prétendu pouvoir absolu des fonctionnaires à l'Hôtel de ville, ils ont évoqué les «douze travaux d'Astérix». Comme si ce n'était pas suffisant, un conseiller municipal – Yves Bordeleau pour ne pas le nommer – est venu apporter de l'eau au moulin en se livrant à quelques réflexions cyniques sur la véritable volonté de changer les choses.
De toute évidence, l'esprit de bottine de l'échevin aurait pu être utilisé à meilleur escient.
Et si vous avez encore des doutes sur l'existence du Shawinigan bashing, il vous faut assister à une conférence de presse du CLD. L'organisme de développement économique est sur une véritable lancée depuis l'annonce de la fermeture de la Belgo à la fin du mois de novembre. Son directeur général Luc Arvisais a multiplié les annonces et à chaque fois qu'un entrepreneur a pris le micro pour expliquer son projet d'expansion, il a systématiquement loué le dynamisme et le leadership du CLD et de l'Hôtel de ville qui l'ont accompagné tout au cours de ses démarches.
Même si ça ressemble quelquefois à un message téléguidé – malgré toute la sincérité qui peut y être mis – Luc Arvisais a bien compris qu'il faut contrer le discours de dénigrement qui, lui, se retrouve directement relayé dans les premières pages du quotidien.
L'idée ici n'est pas de dire que tout est beau, tout est gentil. L'administration municipale a commis des erreurs et elle en commettra d'autres dans l'avenir. Mais il faut reconnaître qu'il y a présentement un mouvement dans la bonne direction autant à l'Hôtel de ville qu'au CLD et le Shawinigan bashing est une solution facile pour ceux qui ne trouvent pas satisfaction à leur demande.
Pour faire valoir son point de vue, il y a bien d'autres canaux de communication que celui de dénigrer son propre milieu.
Pour dire vrai, à cause du Shawinigan bashing, Trois-Rivières n'a pas actuellement vraiment à s'occuper de Shawinigan parce que celle-ci en a déjà pleins les bras avec ses propres dénigreurs.