On retrouve ici Pauline Pronovost dans son environnement d'étude. Elle attend avec impatience de recevoir par la poste son troisième diplôme. Photo L'Hebdo/Sandra Lacroix
L'école: accessible à tous les âges ?
Pour beaucoup d'adultes, retourner aux études après plusieurs années sur le marché du travail semble inconcevable. Ce n'est pas par manque d'intérêt, mais pour les diverses inquiétudes qui apparaissent au niveau de la capacité d'apprentissage, de l'intégration avec les plus jeunes étudiants, des travaux d'équipe, des examens, etc.
C'est pourtant le cas de Pauline Pronovost, qui est allée se ressourcer sur les bancs de l'université en 1990. Alors âgée en début de la quarantaine, elle nourrissait un besoin d'apprentissage, de combler des attentes personnelles sur le plan intellectuel.
Avec un cours de secrétariat au Modern English School, Mme Pronovost œuvre dans le réseau de la santé depuis longtemps. Secrétaire au soutien à domicile au CSSS de l'Énergie, elle travaille avec une clientèle non ambulatoire soit principalement les personnes âgées. «J'ai toujours eu une préoccupation pour le bien-être des personnes âgées», avoue-t-elle. C'est d'ailleurs en ce sens qu'elle a voulu acquérir des connaissances plus élargies.
Appuyée par son conjoint, sa belle-sœur et toute sa famille, Pauline Pronovost s'est lancée dans divers cours à l'UQTR pour aller chercher un premier certificat. En combinant le travail et les études à temps partiel, elle est allée chercher au total trois certificats en gérontologie, psychologie et intervention psychosociale.
Pour persévérer et atteindre ses buts, la motivation demeure le moteur de tout. «Il s'agit d'avoir de la bonne volonté et de la persévérance, et de s'entourer de personnes-ressources», affirme cette femme active, en pensant à ceux qui se retiennent de retourner aux études à cause de leur âge.
Pour Pauline Pronovost, le fait de retourner aux études lui a apporté beaucoup sur le plan personnel. Apprendre à s'autodiscipliner, à se forger des opinions, des façons de penser différentes, à être à l'affût des sujets d'actualité, autant d'éléments qui aident à cheminer dans la vie.
Comme elle travaille quotidiennement avec des intervenants sociaux, infirmières, physiothérapeutes, ergothérapeute, etc., ses récents cours à l'université lui sont davantage profitables. «Maintenant je comprends le sens et les termes dans les travaux de mes collègues, mon travail est moins monotone» avoue Mme Pronovost. « C'est tout le sens de mon travail qui est différent », renchérit-elle.
Âgée dans la cinquantaine, Mme Pronovost vient tout juste de terminer son dernier certificat. Après plus de dix ans à concilier le travail et les études, elle considère que les connaissances acquises au cours de ces années en valaient les efforts.
Des ressources accessibles
Par le biais de l'université, elle a découvert les outils disponibles, les ressources illimitées d'Internet, les références entourant le personnel enseignant, etc. «Avec la gérontologie, la psychologie, etc., j'ai acquis un coffre d'outils nécessaire au mieux-vivre et mieux-être», explique-t-elle.
«L'université ce n'est pas juste pour les autres» assure-t-elle. Au contraire, cela permet un partage de connaissance et d'expériences avec les autres étudiants et les professeurs. Cela permet aussi de développer une belle complicité et de bons échanges avec les jeunes.
Évidemment, des difficultés se présentent tout au long des études. Un stress nouveau fait surface. Le fait d'être évalué, les examens, le temps à consacrer en dehors des heures de cours, les sacrifices à faire, divers éléments nouveaux qui s'imposent. Selon Mme Pronovost : «Des examens, ça reste des examens, ce n'est pas toujours facile. Mais on y parvient quand on a un objectif.»
D'ailleurs, elle prévoit encore d'ici quelque temps retourner sur les bancs d'école, pour un autre certificat ou peut-être pour une maîtrise.
Pauline Déry
Commentaire mis en ligne le 14 juillet 2008Je trouve votre article très intéressante. Je crois que cette preuve de persévérance servira à motiver beaucoup de gens comme Madame Pronovost.
Ce dossier serait intéressant à suivre.