À 89 km/h dans une zone de 50, un homme dans la vingtaine est intercepté sur l’avenue des Cèdres à Shawinigan. Une poursuite policière dans le secteur de Shawinigan-Sud se termine par le capotage de l’auto du chauffard. Un véhicule capote, en plein après-midi, sur le boulevard Royal, près du centre d’achats la Plaza de la Mauricie. Un samedi matin, à 11h00, un homme de 35 ans, conduit une Dodge Viper à une vitesse estimée par les policiers de 200 km/h. Il termine sa course folle contre la galerie d’une maison du village du secteur de Saint-Gérard-des-Laurentides.
Voilà le résumé peu reluisant de quelques faits divers qui se sont déroulés sur les routes, au cours des dernières semaines, dans la région de Shawinigan. Mais, que se passe-t-il donc dans nos rues et sur nos routes? Appartiennent-elles à des fous furieux qui, au péril de leur vie et de celles des autres, conduisent leur véhicule comme s’ils étaient aux commandes d’une console de jeux vidéo? Comment expliquer ce qui semble être une recrudescence des comportements délinquants sur nos routes?
Tout d’abord, il convient d’établir une hypothèse basée sur des données scientifiques pour expliquer le comportement de certains automobilistes. En effet, selon un projet clinique sur la santé mentale mené en 2005 par l’Agence de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches, la maladie mentale frappe une personne sur six au Québec. Selon le Conseil médical du Québec, « les troubles anxieux et les troubles de l’humeur sont des troubles mentaux très fréquents et ils sont associés à un fardeau individuel, social et économique élevé. Au Canada, les prévalences pour la dépression majeure et pour les troubles anxieux sont respectivement de 10 et de 21 %. » .
Chaque jour, des personnes vivant diverses problématiques associées au stress, des difficultés familiales, certains problèmes de santé, des problèmes reliés à des difficultés économiques ou étant sous l’effet de médication, de drogue ou d’alcool prennent le volant de leur automobile. Chaque jour, on peut prétendre que des milliers d’automobilistes possédant un problème de santé mentale non-diagnostiqué conduisent un véhicule sans être en possession de toutes leurs facultés.
Dès lors, on comprend pour quelles raisons les cas de rage au volant sont si nombreux et aussi pourquoi certains automobilistes sont très peu respectueux du code de la route. Un automobiliste en détresse psychologique tient bien plus qu’un volant entre les mains : il possède une arme entre les mains qui peut tuer.
Le cas du présumé conducteur de la Dodge Viper, présenté en introduction, est assez probant à cet égard. L’homme, supposément âgé de 35 ans, serait père de famille. Aurait-il été en détresse psychologique au moment de prendre le volant? Y aurait-il eu momentanément perte de la réalité qui aurait amené cet individu à conduire une automobile d’une manière aussi dangereuse et irresponsable sans se soucier de la santé d’autrui et de sa propre sécurité?
Je pourrais spéculer encore sur l’état mental de ce présumé chauffard mais, seulement la tenue de son procès apportera des éclaircissements dans cette affaire de conduite extrêmement dangereuse.
Toutefois, un constat s’impose : circuler sur les routes est un exercice qui peut s’avérer souvent très périlleux. Mettre sa vie en danger est une chose. Mettre la vie des autres en danger en est une autre. Il y a sur nos routes des personnes qui tiennent à la vie et qui souhaitent circuler sur les routes en toute sécurité. Que ce soit à pied, en automobile ou à vélo, chaque citoyen sain d’esprit est en droit d’espérer que les autres usagers de la route respectent leur droit de circuler en toute quiétude, conformément aux règles établies. C’est pourquoi le législateur se doit d’être intraitable envers les fous du volant. Il doit donner des munitions aux instances judiciaires afin que celles-ci puissent attribuer des sentences dissuasives.
Conduire une automobile peut entraîner des conséquences funestes et fatales. Au bout de la route, la mort guette les conducteurs écervelés mais aussi les conducteurs avisés. Malheureusement, les évènements qui mènent à des conséquences mortelles ne se déroulent pas comme dans un jeu vidéo. Dans la réalité, la vraie vie, on ne peut pas utiliser la fonction « replay » après avoir démoli une auto.
