« Il est dur d’échouer; mais il est pire de n’avoir jamais tenté de réussir. » (F.D.Roosevelt). En annonçant la dissolution de son parti, le Ralliement municipal, Claude Villemure peut sortir de cette aventure la tête haute. Malgré l’échec électoral, il aura eu le mérite d’avoir été au bout de ses convictions.
Même si le verdict populaire fut cinglant, Villemure n’ayant obtenu que 16% des votes, l’homme a accepté la défaite avec sérénité et sans vraiment démontrer de rancœur. La présence de trois bons candidats à la marie de Shawinigan, lors de la dernière campagne électorale, a eu pour effet de vivifier les débats. On peut affirmer, sans se tromper, que le chef du Ralliement municipal a contribué de façon positive à ce brassage d’idées.
Plusieurs observateurs de la scène politique municipale sont d’avis que les électeurs shawiniganais ne croyaient pas en la nécessité d’un parti politique, ce qui expliquerait la défaite de l’ex-chef du Ralliement municipal. Bien que possible, cette hypothèse n’explique pas pourquoi les idées proposées par Villemure n’ont pas séduit l’électorat. Nous avons déjà vu des chefs de parti qui transcendaient littéralement leur formation. Mario Dumont est le plus bel exemple des dernières années. En quelques mois, Claude Villemure n’est pas parvenu à auréoler son image de chef de parti afin de faire passer son message.
Devant ce constat, le fondateur du Ralliement municipal a décidé de rendre les armes et de faire contre mauvaise fortune bon cœur. «Nous avons vraiment besoin de se serrer les coudes, de travailler ensemble pour s'en sortir. Nous lançons le message que nous voulons continuer à travailler pour le bien de notre ville », a-t-il déclaré. Yves Duhaime, l’autre candidat défait à la mairie, avait fait une déclaration similaire le soir même du verdict électoral tout en espérant « que nous aurons un éclairage à la mairie et au conseil pour relancer notre ville».
La prise de position de Claude Villemure augure bien pour la ville de Shawinigan. En homme intelligent qu’il est, le nouveau maire n’a d’autre choix que de saisir la balle au bond. Michel Angers a la chance de compter sur un groupe de conseillers et de conseillères qui, pour le moment, travaillent à l’unisson. Ce qui est bien différent de l’administration précédente où Lise Landry ne parvenait pas à obtenir l’unanimité au sein de son propre conseil.
Les prochains mois s’annoncent chauds à l’hôtel de ville de Shawinigan. Plusieurs projets controversés seront portés à l’ordre du jour. Claude Villemure a directement ciblé quelques-uns de ceux-ci dans son allocution à la presse de la semaine dernière, tout en invitant le nouveau conseil à mettre la partisannerie de côté. Du même coup, Villemure consent à donner une chance au coureur.
Même si le coureur a commis un faux départ en janvier dernier, force est d’admettre que Michel Angers ne semble pas être le type d’homme à se laisser abattre. Son discours, lors de la dernière assemblée publique, indique que l’homme s’est engagé dans un marathon qu’il envisage gagner. C’est-à-dire, comme il l’a dit, de concentrer toute son énergie sur les dossiers importants que la municipalité aura à traiter au cours des prochains mois.
- Renaud Gauthier
Shawinigan

