Au mois d’août dernier, la Commission scolaire de l’Énergie (CSÉ), par la voix de sa présidente Danielle Bolduc, dressait le portrait d’une année scolaire à venir des plus remplie. « Cette année sera marquée par la réalisation d’une grande aventure, la 47e Finale des Jeux du Québec, un projet mobilisateur pour l’ensemble des élèves de la Commission scolaire de l’Énergie, nos parents et notre personnel, mais également un évènement qui aura des retombées économiques majeures pour notre région.» Certes, on envisage des retombées économiques mais on évite de mentionner quel sera le prix à payer.
Dernièrement, le quotidien régional rapportait que la CSÉ contribuerait avec beaucoup de générosité aux salaires de personnes qui œuvrent à temps complet pour l’organisation des Jeux du Québec. La contribution salariale de la CSÉ s’élèverait à plus de 300 000 $.
Sans entrer dans les détails de l’entente qui lie la CSÉ et le comité organisateur des Jeux du Québec, le journaliste l’ayant très bien fait, on en vient à comprendre qu’il y aurait matière à réflexion quant à la façon dont des fonds publics sont administrés et dépensés.
Les Jeux du Québec permettent aux jeunes de s’épanouir et de développer des aptitudes dans une discipline sportive de haut niveau. De plus, cet évènement fait la promotion de la santé et de saines habitudes de vie. Il est donc tout à acceptable que les commissions scolaires participent à la réussite d’un évènement comme les Jeux du Québec.
En vertu de la Loi de l’instruction publique, la CSÉ est tenue de gérer les fonds publics prioritairement au bénéfice d’activités liées à l’éducation. La contribution salariale de plus de 300 000 $ de la part de la CSÉ n’est pas un investissement principalement voué à l’éducation. Cependant, il aurait été tout à fait convenable que la CSÉ soutienne les Jeux du Québec en acceptant de libérer des employés, quelques heures par semaine, pour aider à la logistique de l’organisation sans qu’elle n’ait à défrayer directement de l’argent.
Je trouve tout à fait indécent que mes taxes scolaires servent à payer des salaires à l’organisation des Jeux du Québec alors qu’il a tant à investir dans le milieu de l’éducation pour, par exemple, améliorer les services ou aider les élèves en difficulté d’apprentissage.
De toute évidence, des fonds publics sont utilisés pour soutenir une organisation, les Jeux du Québec, qui peine à s’autofinancer et qui doit utiliser des moyens détournés pour arriver à ses fins afin de combler un manque à gagner.

