« On est 6 millions, faut se parler. » Est-ce que ça vous rappelle quelque chose? C’était en 1976 : une publicité de bière. Faut croire qu’il faudrait la ressortir des boules à mites l’été prochain, suite à l’annonce que le Festival d’été de Shawinigan tiendra ses activités en même temps que le FestiVoix de Trois-Rivières. En tout cas, Yvan Magny, le président du FES Shawinigan est de cet avis : « il va falloir se parler ».
Or, il aurait fallu que les deux organisations se parlent … avant d’en arriver à cette confrontation. Culture Mauricie et Tourisme Mauricie ont bien raison de déplorer la situation. Mais qu’ont fait ces deux organismes pour empêcher ce chevauchement? Rien !
Peut-on reprocher au FES de s’approprier les prétendues meilleures dates du calendrier? Non. Peut-on reprocher au directeur général du FestiVoix, Stéphane Boileau, d’être sorti de ses gonds? Absolument pas. Alors, qui blâmer? Certainement l’ensemble des intervenants du milieu touristique et culturel régional.
Depuis 2006, les dates de présentation des deux évènements avaient tendance à se rapprocher. On a laissé aller les choses sans intervenir, sans faire la moindre intervention ou tentative de concertation. Tourisme Mauricie a carrément dormi d’un profond sommeil dans ce dossier en ne jouant pas un rôle de conciliateur entre les parties. Le psychodrame qui survient aujourd’hui était prévisible.
Le FES risque gros en prenant la décision de confronter le FestiVoix. Yvan Magny est d’avis que le FES ne fait que prendre sa place. Il n’en demeure pas moins que les organisateurs du FestiVoix avaient déjà annoncé leurs dates. Mais, surtout, la décision du FES est une navrante effronterie envers les commanditaires. Ceux-ci sont en droit d’espérer une certaine exclusivité. Dorénavant, les commanditaires majeurs auront avantage à se méfier et à obtenir des garanties afin de s’assurer d’une bonne visibilité.
Maintenant que le mal est fait, il faut seulement souhaiter aux deux organisations du beau temps afin que les amateurs de festivités en plein air se déplacent en grand nombre pour lever leurs verres de bière en chantant à l’unisson : « faut se parler du travail de nos mains, de ce qu’on fera demain … »
