La Commission scolaire de l’Énergie a décidé d’abandonner le projet de Centre national d’entraînement de curling qui aurait été construit à l’école secondaire des Chutes. Toutefois, la Ville de Shawinigan souhaite la réalisation d’un projet plus modeste et maintient sa contribution de 1,250 million $. L’occasion aurait été belle pour la Ville de réparer une erreur et de retirer sa mise étant donné la grogne populaire soulevée par l’adoption de ce règlement d’emprunt.
La CS de l’Énergie et la Ville de Shawinigan ont toujours été clairement identifiés comme étant les principaux partenaires de ce projet. En plus des subventions promises par les deux paliers de gouvernement, des promoteurs privés auraient allongé un montant de 700 000 $. Jamais, dans ce dossier, ces promoteurs n’ont été clairement identifiés.
On sait que moins d’une centaine d’amateurs de curling s’intéressent actuellement à cette activité au Centre-de-la-Mauricie. On constate, en consultant les statistiques émises par Curling Québec, que la popularité de ce jeu est en constante régression. Depuis l’incendie qui a détruit le Club de curling de Grand-Mère, on devine que les amateurs concernés aimeraient le voir renaître de ses cendres et ainsi redonner les lettres de noblesse au sport qu’ils affectionnent. Le Club ne possédait-il pas des assurances pour couvrir ses pertes et rebâtir?
La Ville a-t-elle intérêt à investir autant d’argent dans un sport qui n’en est pas un de masse et qui n’intéressent pas les jeunes? La réponse est non. Cet investissement est-il créateur d’emploi? Certainement pas. Investir dans de telles infrastructures est-il rentable à court, à moyen ou à long termes? Sûrement pas, puisque les promoteurs privés auraient d’emblée mis sur la table quelques millions de plus afin d’en retirer d’éventuels bénéfices. Autre question cruciale : qu’adviendra-t-il de la résolution adoptée par le conseil de ville de se porter garant de tout déficit opérationnel, pendant trois ans, d’un éventuel CNEC?
Les élus municipaux ont tout intérêt à bien évaluer la situation avant de mettre de l’énergie à monter un nouveau projet. Ils doivent éviter de favoriser monétairement un petit groupe au détriment de l’intérêt collectif. Qu’arriverait-il si, par exemple, un groupe d’amateurs d’équitation se présentait à l’hôtel de ville avec un projet de centre équestre de quelques millions? Ou, un autre groupe, amateurs de pétanques et de boulingrins, avec un projet de complexe multifonctionnel pour pratiquer ces jeux?
Restaurer et réparer l’aréna de Grand-Mère, avant qu’il ne tombe en ruine comme le garage municipal, est une sage décision. Voilà l’exemple d’un projet mobilisateur qui sert les intérêts de toute la collectivité. Investir dans un centre de curling est un projet qui laisse place à la suspicion. Voilà l’exemple d’un projet qui ne sert que les intérêts d’une minorité.




