Nous somme en 2010 après Jésus-Christ. Toutes les villes du Québec se sont conformées au Règlement sur la qualité de l’eau potable. Toutes? Non ! Une ville peuplée d’irréductibles Shawiniganais résiste encore et toujours à se conformer. Et la vie n’est pas facile pour le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs.
Le MDDEP est formel : la Ville de Shawinigan est présentement en infraction et la solution de puiser l’eau potable dans les lacs à la Pêche et des Piles est jugée irrecevable. De son côté, le premier magistrat de la Ville de Shawinigan, Michel Angers, est d’avis que l’approvisionnement en eau potable continuera à se faire dans les deux lacs. Cette situation est pour le moins préoccupante.
D’un côté, on comprend le MDDEP de ne pas vouloir accorder de délais supplémentaires ou d’arrangements particuliers à la Ville de Shawinigan. Québec a depuis longtemps statué sur certaines normes à respecter afin d’éviter de nouvelles catastrophes comme celle de Walkerton en Ontario. Cette tragédie avait causé la mort de 7 personnes et rendue malades près de 2 500 autres après avoir consommé de l’eau contaminée.
D’autre part, on comprend le maire Angers de vouloir respecter l’opinion de plusieurs personnes qui craignent de boire l’eau de la rivière Saint-Maurice et de vouloir présenter un projet au meilleur coût possible. Justement, durant la campagne électorale, celui-ci était d’avis que plus le projet était retardé, plus il coûterait cher aux contribuables.
Il est minuit moins une seconde dans ce dossier. Le temps des tergiversations est terminé. Même si le maire Angers encaisse les contrecoups causés par l’inertie de l’administration précédente, il doit trouver une solution afin que la sécurité et le bien-être de la population soient assurés pour plusieurs années à venir.
Actuellement, selon la Ville de Shawinigan, les lacs à la Pêche et des Piles suffisent amplement à la demande. Selon le MDDEP, la quantité d’eau prélevée de ces deux lacs est largement dépassée. Qui dit vrai? Et, surtout, qui peut prédire que, dans 10 ou 20 ans, ces deux lacs ne seront pas encore plus surexploités malgré l’intention de la Ville de Shawinigan d’adopter une politique sur l’utilisation de l’eau potable?
Certes, il est politiquement rentable pour le maire Angers de confronter le MDDEP dans le dossier de l’eau potable mais, comme le dit avec justesse la ministre régionale Julie Boulet, « l’environnement, ce n’est pas politique ». Qu’elle vienne de la Saint-Maurice ou des deux lacs, la Ville de Shawinigan devra mettre de l’eau dans son vin.
