Il est strictement interdit de se débarrasser de ces déchets dans la nature, ni même de les compresser mécaniquement comme les ordures habituelles. Ils doivent être expédiés vers des entreprises spécifiquement dédiées à ce genre de traitement, qui sont équipées pour le nettoyage et la désinfestation ou pour procéder à l’incinération.
Il existe quatre catégories de déchets biomédicaux. Lucie Lemire, conseillère en communication et en relations publiques au CSSS de l'Énergie, a bien voulu nous en parler.
« Il y a la catégorie d’objets coupants et celle d’objets tranchants. De plus, il y a les déchets non atomiques, par exemple les pansements. Il existe aussi la catégorie des déchets atomiques, soit ceux qui sont rejetés par le corps humain. Par exemple, les parties extraites provenant des chirurgies ou des laboratoires. »
Chaque clinique ou hôpital se doit de répondre aux normes reliées aux traitements de ces déchets. Mme Lemire explique:« Du côté de Shawinigan, tout est placé dans des contenants stériles qui sont entreposés dans un réfrigérateur de 4 , toujours selon les normes à respecter. Ici, on reçoit même les déchets de catégorie piquants et tranchants qui viennent d’ailleurs, par exemple ceux de la pharmacie. Une firme externe nommée Stéricyle s’occupe ensuite de venir récupérer les déchets. »
Au CHRTR de Trois-Rivières, la méthode est différente. La stérilisation des déchets se fait sur place. Le centre hospitalier est doté d’un autoclave et les seringues ainsi que les lames sont placées dans des contenants prêts à être envoyés. Un autoclave est conçu pour réaliser sous pression une réaction industrielle, la cuisson ou la stérilisation à la vapeur.
Règlements stricts
Les organismes qui récupèrent les déchets biomédicaux ont un protocole à suivre. Les déchets biomédicaux anatomiques doivent être traités par incinération tandis que les déchets non anatomiques sont d’abord désinfectés, si cette étape n’a pas été faite par le centre hospitalier, et ensuite incinérés. Les déchets qui proviennent de l'extérieur du Québec sont également incinérés. Il faut aussi s’assurer que les cendres produites par l'incinération de déchets biomédicaux soient déposées dans un conteneur ou un contenant rigide, fermé et étanche.
L'exploitant d'une installation de traitement, par désinfection ou incinération, ou d'entreposage de déchets biomédicaux doit tenir un registre quotidien d’informations. Celui-ci contient entre autres la nature des déchets biomédicaux, leur provenance, la quantité, le nombre d’heures exploitation et les anomalies possibles. Ces bâtiments sont munis d’extrêmes mesures de sécurité, tant au niveau de la manipulation des employés qu’au niveau du déchargement des déchets biomédicaux.

