À tous les citoyens de la Municipalité de Sainte-Ursule,
Nous avons étudié, en collaboration avec le Comité pour la sauvegarde des Chutes de Ste-Ursule, les documents que nous avons pu obtenir concernant le projet de centrale hydroélectrique dans le Parc des Chutes. Nous avons constaté de graves lacunes dans les documents que nous énumérons au verso.
Contrairement aux prétentions du Conseil municipal, nous estimons que le projet sera déficitaire pendant les 8 premières années. Il y a de nombreux oublis dans l’estimation de coûts et le rapport d’études économiques est trompeur. Vous serez appelés, en tant que contribuables, à combler tout déficit par votre compte de taxes :
«Différents experts nous ont confirmé qu’au moins les 8 premières années seraient déficitaires, donc les citoyens devront payer la taxe spéciale dès le départ. Les seuls qui sont assurés de faire de l’argent, ce sont les consultants au début du projet.» indique René Boulanger, du Comité de sauvegarde, résident de Sainte-Ursule. L’ingénieur Réal Reid, spécialiste du domaine de l’énergie, co-auteur du livre «L’éolien, au cœur de l’incontournable» et administrateur de la Fondation Rivières ajoute : «L’information économique présentée déforme les données et ne mentionne pas que les profits seront très faibles les premières années et n’utilise pas des coûts actualisés. C’est un leurre très grave.
Il est totalement ridicule d’y allouer plus de 10 M$, c’est totalement démesuré et un nonsens».
Les citoyens perdraient un magnifique parc naturel équipé d’infrastructures qu’il est possible de rentabiliser. «Nous sommes venus nous établir à Sainte-Ursule à cause du Parc. Nous y allons souvent nous ressourcer, nous en avons de besoin. Si le parc est défiguré, il nous faudra trouver un autre endroit et déménager» déclare Julien Mineau du groupe Malajube, résident de Sainte-Ursule.
De même, Marc-Olivier Harvey, résident de Sainte-Ursule et diplômé en Géographie - aménagement du territoire, précise «le parc abrite de nombreuses espèces fauniques de grandes valeurs: des pruches de centaines d’années, certaines espèces rares de champignons, des tortues des bois (espèce menacée), une frayère à maskinongés, l’emblème de la région, ainsi qu’une frayère à achigan, etc. Les travaux, les routes, la réduction de l’écoulement et le bruit altéreront irrémédiablement cette biodiversité ».
Alain Saladzius, ingénieur et cofondateur de la Fondation Rivières, a étudié en détail l’estimation des coûts de construction (non divulguée par la Municipalité, accessible en ligne sur le site www.fondationrivieres.org) : «Ces coûts sont incomplets, il faut calculer l’impact d’un projet d’au moins 13 M$ au lieu de 10 M$. Et pour ce qui est de la rentabilité du parc, le parc régional de la rivière Batiscan, autrefois menacée par un barrage, est aujourd’hui la
preuve qu’il est possible qu’un parc soit viable (chiffre d’affaire annuel de 600 000$) dans la région sans harnacher une si belle chute, mais en proposant plutôt un camping très populaire. »
Le 1er septembre, faites entendre votre voix en signant le registre au bureau municipal pour demander toute l’information et ensuite la tenue d’un vote secret par référendum!
