14 anges shawiniganais en République Dominicaine

Photo de Bernard Lepage
Par Bernard Lepage

Qui dit République Dominicaine en janvier, dit pieds dans le sable, soleil et piña colada. Il ne viendrait à personne l’idée d’y séjourner deux semaines pour se salir les mains, planter des clous, colmater des fuites.

C’est pourtant les raisons qui ont conduit un groupe de 14 Shawiniganais à prendre la direction de Los Brasos au début de l’année. Jusqu’à ce mercredi 25 janvier, ces anges de la rénovation participent à une corvée au Jardin des enfants, cette œuvre de Pauline Tremblay qui comprend une école, des maisonnettes pour les résidents, des dortoirs, une chapelle, une bibliothèque et un centre communautaire.

Michel Matteau, qui côtoie la Chicoutimienne depuis plus de 25 ans, a eu l’idée de réunir ces bons samaritains pour remettre à niveau ce que de violents vents avaient laissé à l’abandon il y a quelques années sur cette île des Antilles. «Peu de temps après, il y a eu le séisme en Haïti en 2010, et à partir de là, les priorités étaient ailleurs», mentionne l’ancien éditeur de L’Hebdo du Saint-Maurice.

En plus de sa conjointe Diane Houde, Michel Matteau est accompagné dans cette aventure humanitaire de Harold Boudreau, lui aussi retraité de L’Hebdo, Denis Gauthier et sa conjointe France, Guy Thiffault et sa conjointe Manon, Réal Pronovost et Nicole Larivière, Alain Gélinas et sa conjointe Nicole, Aline Houle ainsi que Benoît Parke et Johanne Cossette.

«Tous ont dit oui spontanément, précise Michel Matteau. Ils ont été touchés par la cause.» Aucun doute puisque certains membres du groupe en sont à leur premier voyage à l’extérieur du pays. «Ce ne sont pas le soleil et la plage qui les motivaient, c’est le plaisir d’aider son prochain.»

Certains ont des aptitudes en électricité, en plomberie, en soudure, en menuiserie; tous ont en commun de ne pas avoir des pouces dans chaque doigt et une motivation hors norme. En plus de défrayer leurs frais de transport, ces 14 anges de la rénovation avaient aussi comme mission d’amasser ici à Shawinigan des sous pour défrayer en République Dominicaine le coût des matériaux nécessaires à leurs travaux. Plus de 15 000$ ont été ainsi amassés par l’ensemble du groupe.

«Ce n’est pas la job qui manque»

Rendus sur place, les Shawiniganais ont trouvé sans peine de la main-d’œuvre pour leur venir en aide. «Ce n’est pas la job qui manque, mentionne Michel Matteau dans un échange par courriel avec L’Hebdo. C’est incroyable ce que l’équipe a accompli avec l’aide des enfants de Pauline, les plus vieux désirant tellement nous aider, faire partie de notre groupe. La gang des 14 Shawins a maintenant trouvé son rythme de croisière et ça va bon train sous une température tropicale endurable jusque-là.»

En fin de semaine dernière, nos anges de la rénovation ont eu droit à une fête organisée par Pauline, ses enfants et les dizaines de jeunes qui fréquentent son école. «Le moral des troupes est au maximum de l’échelle mesurant l’harmonie, l’amitié, la complicité et le dépassement», précise Michel Matteau qui doit, avec son groupe, tempérer son envie de gâter les jeunes enfants. «Pauline nous fait quelquefois les gros yeux mais une fois n’est pas coutume», mentionne-t-il en terminant.

Mise sur pied au début des années 1990, l’école de Pauline Tremblay accueille encore aujourd’hui une quarantaine de jeunes Dominicains – et quelques Haïtiens – âgés entre 4 et 13 ans. À une certaine époque, ils étaient près de 150 quotidiennement à bénéficier d’une éducation reconnue par l’État mais non subventionnée. De ce nombre, la Chicoutimienne a élevé, habillé, nourri et surtout aimé 32 enfants et 8 petits-enfants. Plusieurs d’entre eux agissent maintenant comme enseignant au Jardin des enfants.

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