Un peintre travaillant… et intelligent

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Par Bernard Lepage
Un peintre travaillant… et intelligent
L’homme d’affaires Alexandre Taillefer (à gauche) est l'un de partenaires financiers dans le développement du robot-peintre industriel. Il est ici en compagnie d’André Buisson (au centre) et François Simard, président et chef de direction d’Omnirobotic. (Photo : (Photo L'Hebdo / Bernard Lepage))

Le premier robot-peintre doté d’IA est développé à Shawinigan

INNOVATION. Une trentaine de représentants de manufacturiers était rassemblée ce 10 décembre chez Société Laurentide afin de voir à l’oeuvre un peintre qui ne rechigne pas devant l’ouvrage: un bras robotisé doté d’une intelligence artificielle (IA).

Développé par la firme lavalloise Omnirobotic au centre de recherches et innovation du fabricant de peinture de Shawinigan, le robot intelligent est équipé de caméras 3D et d’un ordinateur qui lui permet de visualiser son environnement, d’analyser la pièce à peindre puis de planifier et exécuter les tâches. Son concepteur François Simard le destine dans un premier temps aux manufacturiers de portes et fenêtres.

À la différence des systèmes automatisés dans les usines qui exécutent les mêmes tâches avec des gabarits toujours identiques, celui d’Omnirobotic s’ajuste aux formats des pièces à peindre en décidant lui-même de la séquence des tâches à adopter en fonction de leur efficacité et productivité.

«C’est un robot beaucoup plus petit, plus flexible et plus agile qui est capable de s’ajuster à un environnement existant, explique François Simard, un précurseur de la robotique industrielle au Québec. Pour un manufacturier de portes et fenêtres par exemple, les coûts deviennent beaucoup moindres que d’acheter un système robotisé qui va nécessiter de changer le convoyeur, la cabine de peinture et d’installer une entrée électrique à haute puissance.»

Peinture Laurentide a collaboré au projet en allouant des espaces dans son centre de recherche mais également en partageant son savoir-faire avec l’équipe d’Omnirobotic dont le robot à l’origine travaillait avec de la peinture en poudre. François Simard reconnait qu’en développant son robot à Shawinigan, son éventuel succès sur le marché bénéficiera indirectement au fabricant de peinture. «Pourquoi je déploierais des efforts pour tester d’autres marques de peinture lorsque j’ai déjà une recette qui a été développée, testée et approuvée.»

André Buisson souligne pour sa part que plusieurs de ses clients souffrent de la pénurie de main-d’œuvre. «Nous leur avons parlé de cette nouvelle technologie», soutient le président et chef de la direction de Société Laurentide. Nous espérons que cela va entraîner une conversion des peintures au solvant vers les peintures à base d’eau comme nous fabriquons.»

Modèle d’affaires

Dans son modèle d’affaires, Omnirobotic compte non pas vendre ses robots mais les louer aux manufacturiers. Dès le lendemain de la démonstration chez Peinture Laurentide, le bras robotisé devait être démonté puis transporté chez un premier client. «On vise le marché des portes et fenêtres mais ça pourrait être dans le domaine de la robinetterie industrielle, de l’aérospatial. N’importe quelle pièce qui a besoin d’un traitement de surface, notre robot est capable d’analyser sa géométrie et déterminer la meilleure manière d’appliquer le procédé», termine François Simard.

 

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