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2,5 M$ pour le dépistage précoce du retard de développement chez les enfants

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Par Marie-Eve B. Alarie
2,5 M$ pour le dépistage précoce du retard de développement chez les enfants
Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, est venu en faire l'annonce dans la région (Photo : Marie-Eve Alarie)

Un montant de 2 549 300$ est octroyé à la Mauricie et au Centre-du-Québec pour développer des ressources en dépistage et, surtout, rehausser les équipes d’intervention auprès des jeunes enfants présentant un retard de développement, une déficience physique, une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme sur le territoire régional.

Ce montant permettra d’embaucher une trentaine de nouveaux professionnels, notamment des orthophonistes et des psychoéducateurs, qui seront répartis au sein d’équipes existantes à travers la Mauricie et le Centre-du-Québec.

Le programme Agir tôt vise à identifier le plus tôt possible les difficultés chez l’enfant, à évaluer son profil de développement et à l’orienter vers le bon service et lui offrir le soutien dont lui et sa famille ont besoin.

«Ça va venir ajouter des ressources dès qu’on a un doute pour un enfant. Quand un enfant se développe, on se dit souvent qu’il est peut-être un peu en regard. Quand on retournait chez le médecin six mois plus tard, on se disait que ça allait peut-être se replacer. Comme ça prenait un diagnostic noir sur blanc avant d’entamer les interventions, ça pouvait être lourd de conséquence. Là, on n’a plus besoin de ce diagnostic d’entrée de jeu. On aura donc donné l’intervention la plus stimulante possible avec, probablement, des difficultés moins importantes à la clé», explique Lyne Girard, directrice générale adjointe aux programmes sociaux et de réadaptation et directrice du programme en déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme et déficience physique au CIUSSS MCQ.

La population aura aussi accès à une plateforme informatique qui regroupe des questionnaires de dépistage sur le développement de l’enfant 0-5 ans. Le gouvernement estime que cela entraînera de plus courts délais d’orientation et que cela permettre d’élaborer un plan d’intervention précoce et plus précis.

«On vise à diminuer les délais d’attente encore importants. En faisant du dépistage précoce de cette façon, il n’y aura plus d’interruption de service et le tout se fera de façon plus fluide. Ce sont 27,7% des enfants du Québec qui ont au moins un regard dans une sphère de leur développement en arrivant à la maternelle. Ça peut mener à une perte de l’estime de soi, à des troubles du comportement et, ultimement, au décrochage scolaire. Avec cette annonce, on va assurer un meilleur futur aux enfants», commente Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.

Dans la région, les délais varient entre 6 mois et 8 mois. Le ministre Carmant souhaite ramener ce délai à moins de trois mois partout au Québec. «Pour les enfants qui ont un manque de stimulation, intervenir de façon précoce peut leur permettre d’aller dans une classe régulière à l’école. Même pour les enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme. Si on intervient vers l’âge de deux ans, ça peut leur permettre de faire une scolarisation normale. Ça change la vie complètement», ajoute-t-il.

Une trajectoire de services semblable à celle d’Agir tôt était déjà en place au Centre intégré universitaire de soins et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec depuis deux ans. Cela a d’ailleurs permis d’intervenir auprès d’enfants avant qu’ils aient reçu un diagnostic officiel.

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Des résultats tangibles

Pour Synda Ben Affana et Audrey-Ann Turgeon, deux mamans dont les enfants ont été détectés très tôt et qui ont reçu l’accompagnement requis, les interventions précoces ont fait une grande différence dans le développement de leur enfant.

«J’ai deux enfants de 4 et 6 ans. Mon enfant de 6 ans a reçu un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme (TSA). J’étais déjà inquiète quand il avait 6 mois, alors qu’il avait des retards pour la motricité. Il ne rampait pas encore à 18 mois et n’avait aucun intérêt pour jouer. Il faisait de grosses crises. J’étais inquiète dans le déni. Je vivais une sorte de deuil», raconte-t-elle.

«Mon amie psychoéducatrice m’a dit: «Appelle ton CLSC», poursuit-elle. À 27 mois, on a eu le diagnostic provisoire de TSA et ça nous a donné accès aux services en 90 jours. Il a commencé les services de réadaptation à 3 ans et demi. Dès lors, on a vu la renaissance de notre enfant. Il a commencé à pointer, à parler, à s’intéresser aux jeux et aux sports.»

C’est avec la fierté dans les yeux et la voix qu’elle confie qu’Amine a fini sa maternelle cette année et que sur son bulletin, l’enseignante avait souligné qu’il a soif d’apprendre, est ouvert sur le monde et curieux.

Quant à elle, Audrey-Ann Turgeon faisait face à de fortes crises de colère de son enfant. Pendant trois ans, il a suivi des ateliers petits pas au pavillon Arc-en-ciel au sujet de ses crises de colère.

«On a pu l’aider à travailler sur ce qui ne marchait pas. On nous a aussi montré comment intervenir comme parent pour poursuivre son développement dans la bonne voie. Il a terminé sa maternelle et on a eu la bonne nouvelle qu’il passe en première année. Là, il fait beaucoup moins de crise. On se fait des câlins. Ça a vraiment soudé les liens familiaux», raconte-t-elle.

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