Abandonnés au Nicaragua?

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Par Bernard Lepage

Privé de son passeport depuis le début du mois d’avril, un Shawiniganais mène une croisade auprès d’Immigration Canada afin de pouvoir revenir au pays en compagnie de sa famille basée à Managua, au Nicaragua.

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Camionneur de profession, Pierre Thiffault partage son temps depuis 7 ans entre le Québec et le Nicaragua où vit sa famille: son fils Michel Andrés, sa conjointe Jenny et le garçon de cette dernière, Aurelio.

Depuis le 3 avril dernier, il se retrouve sans passeport et sans certificat médical après que Passeport Canada et Transport Canada lui eurent demandés de retourner les documents au pays parce qu’il avait été condamné un peu plus tôt en défaut de payer sa pension alimentaire à son ex-conjointe qui réside à Trois-Rivières avec ses trois autres enfants.

«Ça ne se fait pas», dénonce l’homme en colère au bout du fil. Pierre Thiffault ne nie pas avoir omis de payer sa pension alimentaire en janvier et février mais invoque le fait qu’il a appris le 23 décembre dernier qu’il perdait son emploi chez Vitesse Transport Corporation trois jours après qu’il eut débarqué à Managua. «J’ai payé ma pension alimentaire quand même à la fin du mois de décembre mais sans emploi, je n’ai pas pu le faire par la suite.»

Lise ou Ruth Ellen?

Le Shawiniganais affirme que s’il avait été au Québec, la justice n’aurait pu l’obliger à payer 500$ par mois étant donné qu’il était au chômage. Une situation dont n’ont pas tenu compte les fonctionnaires de Passeport Canada qui mettent en branle le rapatriement du passeport dès qu’ils reçoivent un jugement du ministère de la Justice.

Émis le 20 mars, cet avis lui donnait jusqu’au 3 avril pour retourner le précieux document. Pierre Thiffault a alors fait appel au bureau de la députée de Saint-Maurice/Champlain, Lise St-Denis. L’attaché politique, Me Roger Leblanc, lui aurait alors promis de s’occuper du dossier mais faute d’avoir des nouvelles dans les délais prescrits, le Shawiniganais s’est vu dans l’obligation de l’envoyer par la poste sinon il s’exposait à une peine d’emprisonnement de six mois ou à une amende de 5000$.

Depuis cette date, Pierre Thiffault fait affaire avec le personnel de bureau de la députée de Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau, où il dit trouver plus d’aide dans ses démarches.

Théoriquement, l’homme de 51 ans peut obtenir un passeport temporaire au coût de 80$ et revenir au Québec en compagnie de son Michel Andrés, qui possède la citoyenneté canadienne. Mais cette solution n’est pas envisageable dit-il car son garçon de 4 ans a été élevé par sa mère Jenny compte tenu de son métier de camionneur qui ne lui permet que revenir occasionnellement au Nicaragua. «Ça n’aurait pas de bon sens de le priver de sa mère et moi de mon côté, si je reviens au Canada tout seul, combien de temps ça me prendra et combien ça me coûtera pour ravoir mon passeport et revenir ici.»

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