Accident d’avion: une gestion inadéquate du carburant en cause

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Par Bernard Lepage
Accident d’avion: une gestion inadéquate du carburant en cause
Dans son enquête sur l'accident d'avion survenu en août 2019, le BST note que les compétences du pilote et l'entretien de l'appareil ne peuvent être mis en cause. (Photo : courtoisie BST)

ENQUÊTE. L’écrasement d’un aéronef de Bel-Air Laurentien Aviation dans un boisé à proximité du lac à la Tortue le 22 août dernier est dû à une mauvaise gestion des réservoirs d’essence.

C’est la conclusion à laquelle en est venu le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada dans son rapport d’enquête déposé le 18 mars. Cet incident, qui aurait pu être catastrophique, n’avait heureusement fait que deux blessés mineurs, dont le pilote.

Six personnes, dont un couple italien en voyage de noces, prenaient place à bord du Cessna qui accomplissait alors le 6e vol touristique de sa journée en milieu d’après-midi. Comme le note le BST dans son rapport, ce type d’aéronef est doté d’indicateurs de quantité de carburant qui manquent de précision, particulièrement lorsque la quantité restante est sous le quart.

Dans l’industrie des vols touristiques, il est donc courant chez les transporteurs de se munir d’un bâton de graduation maison pour mesurer la quantité de carburant réel plutôt que celle fournie à l’intérieur de la cabine.

Il semble que l’outil maison développé par Bel-Air Laurentien Aviation manquait lui aussi de précision, car le BST l’a comparé à d’autres bâtons gradués utilisés chez d’autres exploitants possédant le même type de Cessna. L’enquête relève ainsi que celui employé pour l’aéronef de Lac-à-la-Tortue indiquait des quantités de carburant de 3,5 gallons supérieures à ce que le réservoir contenait réellement.

Chanceux dans leur malchance

Au cours de l’enquête, le BST a noté que les trajectoires de décollage des trois vols en après-midi avaient été allongées et comble de malheur, le 6e et dernier vol avait été prolongé un peu afin de permettre à un autre aéronef de venir se poser sur le lac.

«Ces éléments se sont traduits par une consommation de carburant plus élevée que celle prévue. La quantité de carburant recueillie par le BST sur le lieu de l’accident était de 0,33 gallon à droite, soit sous la limite de carburant utilisable. Cette faible quantité de carburant a entraîné l’arrêt du moteur.», est-il mentionné dans le rapport d’enquête.

Bel-Air Laurentien Aviation s’est engagé suite à cet accident à prendre deux mesures: s’équiper d’un nouveau bâton de graduation et instaurer une nouvelle procédure consistant à vérifier le niveau de carburant avec le nouveau bâton à tous les deux vols touristiques.

Le BST a aussi noté que le pilote et le passager prenant place à l’avant n’avaient pas bouclé leur ceinture de sécurité alors que la mesure est obligatoire lorsque l’aéronef en est équipé comme c’était le cas.

Soulignons que cette panne d’essence aurait pu avoir des conséquences funestes puisqu’elle est survenue alors que le Cessna survolait le camping Rouillard, incitant le pilote a tenté délibérément de se poser sur un couvert boisé juste à proximité.

 

 

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