«Ça va prendre l’armée pour m’arrêter» – Andrew Corriveau

Par superadmin

En fuite depuis jeudi dernier, Andrew Corriveau compte prendre le large dès que possible. L’homme de 24 ans se barricade d’une planque à l’autre, un peu partout à Shawinigan, depuis maintenant six jours. Il consulte les médias qui racontent à son sujet et tenait aujourd’hui à rectifier certaines choses.

Par téléphone, le fugitif de Shawinigan est entré en contact avec l’auteur de ces lignes cet après-midi.

«Je te dis men, ils sont débiles. Ils me brutalisent beaucoup trop pour une simple arrestation. Mon doigt est presque coupé en deux. Actuellement, j’ai besoin de soins et je ne peux même pas aller à l’hôpital. J’ai peur de ce qu’ils me feront s’ils m’attrapent», a-t-il lancé d’entrée de jeu.

«Au tout début, je me sauvais parce que j’avais peur d’eux. Ce sont des criss de fous. Chaque fois qu’ils m’approchent, ils me brutalisent. Et c’est de pire en pire chaque fois.

Je ne suis pas un grand peureux, mais je te jure qu’ils sont rough. La première fois, ils frappaient à coup de matraque sur mes poignées de motocross. Comme je n’arrêtais pas, ils m’ont rentré dedans en auto. Je me suis sauvé et 10 secondes plus tard, j’avais les policiers sur le dos. Ils m’ont aggripé le doigt et l’ont tordu. Ils l’ont tordu tellement fort que ma peau a déchiré. J’ai insisté pour qu’ils m’amènent à l’hôpital où j’ai réussi à me sauver par les toilettes.

En fait, j’ai grimpé par les tuiles et je suis sorti dans une autre salle. Ils m’ont vu fuir, m’ont pourchassé jusqu’au coin de la rue et m’ont perdu de vue. Depuis ce temps, je cours.»

Avec toute cette histoire, Andrew Corriveau sait pertinemment que la prison l’attend.

«C’est aussi pour ça que je me sauve.

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Je ne suis pas méchant. Possession de stupéfiant et entrave à un agent de la paix à Montréal, ce ne sont pas de graves accusations. Ils n’ont pas raison de me maltraiter ainsi. Ça fait tellement longtemps que j’ai des problèmes avec la justice, aujourd’hui je n’en veux plus. J’ai ma copine et mon enfant. Je ne peux pas aller en prison», explique-t-il, d’une voix déchirée par les émotions.

«Ça va prendre l’armée»

Après sa première fuite, Andrew Corriveau s’est rendu chez des amis qui l’ont hébergé. Depuis, il voyage d’appartement en appartement. Selon ses dires, la cavale est loin d’être terminée.

«Je te dis une chose, et je veux que ce soit écrit comme je te le dis. Ça va prendre l’armée pour me pogner. Je n’ai nullement l’intention de me rendre. Pas après les coups de matraque qu’ils m’ont donnés. De toute façon, je ne suis pas assez en paix avec moi-même pour me rendre.»

Plus les jours avancent, plus il court, plus il se blesse. Corriveau sait très bien que les sanctions seront plus sévères si la police l’attrape plutôt que s’il se rend de son propre chef.

«Je sais, mais je ne suis pas capable de le faire actuellement. Aujourd’hui, je suis barricadé et j’ai trois plans de fuite différents. Je sais que je rêve en couleurs, que ça ne durera pas éternellement, mais je rêve qu’ils me sacrent la paix une fois pour toutes. Je ne suis pas méchant. Je veux juste partir loin d’ici», poursuit l’homme qui n’a pas manqué de décocher une petite flèche aux forces policières.

«Ils veulent m’attraper où, dans le désert?»

«Ils disent que c’est étroit au Centre-Ville, qu’il y a des clôtures partout et que c’est pour ça qu’ils m’ont perdu. C’est quoi, ils veulent me pogner où, dans le désert? Je la connais par cœur cette ville, qu’ils l’apprennent eux aussi. Et en plus, le policier aurait pu m’attraper devant la garde-robe de la chambre. À la place, il a reculé avec sa matraque jusqu’au salon.»

 

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Ce jour-là (mardi), un agent de la Sûreté du Québec s’est rendu à un logement de la troisième rue où il venait chercher une dame qui a omis de se présenter à la justice. Selon la Sûreté du Québec, le policier a vu Corriveau derrière elle, et est entré.

Selon le fugitif, le policier se doutait qu’il pouvait y être et a entrepris une fouille du logement, sans mandat de perquisition.

«Il s’est promené partout et il est entré dans la chambre. Ensuite, il a ouvert la porte de la garde-robe où j’étais caché. Je l’ai refermé aussi vite pour réfléchir. J’hésitais entre me rendre, ou fuir à nouveau. Lorsque j’ai rouvert la porte, le policier n’était plus là. Il m’attendait dans le salon, près de la porte d’entrée avec sa matraque et son poivre de Cayenne. J’avais beaucoup plus de place pour bouger et j’ai réussi à m’enfuir encore une fois», se souvient-il.

En terminant, Corriveau a demandé à l’Hebdo de livrer un message à la population.

«Je ne suis pas un être méchant. Je m’excuse à tout le monde que j’ai pu blesser au cours des dernières années. Je veux simplement vivre ma petite vie tranquille, that’s it. Je veux recommencer d’un autre élan ma vie dès aujourd’hui. La possibilité de me faire pogner, je ne la vois pas aujourd’hui. Laissez-moi tranquille. Je m’en vais le plus loin possible et très vite», a-t-il conclu.

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