Deux citoyens demandent de réviser la décision

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Par Bernard Lepage
Deux citoyens demandent de réviser la décision
Protégé par son chapeau moustiquaire et tenant un contenant de Off, Mario Boisvert prévient les citoyens de Shawinigan que c'est ce qui les attend cet été lors de leur sortie extérieure. Il est ici en compagnie de Robert de Carufel. (Photo : L'Hebdo - Bernard Lepage)

ENVIRONNEMENT.  Plaidant que la décision a été prise en catimini et qu’elle aura un impact sur la qualité de vie des Shawiniganais cet été, deux citoyens demandent au conseil municipal de revenir sur sa décision de suspendre le programme de contrôle des insectes piqueurs en 2023.

Résidant tous les deux dans le secteur Shawinigan-Nord, Mario Boisvert et Robert de Carufel soutiennent représenter les 87% de citoyens qui s’étaient déclarés en faveur du programme lors d’un sondage commandé par la Ville de Shawinigan en 2020, un argument maintes fois utilisé par le maire Michel Angers lorsqu’il défendait l’opération auprès de ses détracteurs.

Rappelons que le conseil municipal a annoncé en décembre, lors du dépôt du budget, qu’il suspendait le programme pour l’année 2023, ce qui allait lui permettre d’économiser près de 900 000$ dans un contexte budgétaire difficile avec les pressions inflationnistes.

« Je pense que les élus se tirent dans le pied en faisant ça, déplore Mario Boisvert qui dit ne l’avoir appris qu’en début d’année. J’en parle à mon entourage et personne n’est au courant. Ils annoncent ça dans une ligne lors du dépôt du budget. Ils ont essayé de le cacher et ça, ça m’achale un peu. Je pense que l’inflation a le dos large présentement. »

Robert de Carufel souligne que le coût de 40$ par propriétaire foncier pour l’épandage de larvicide sur le territoire est dérisoire par rapport à ses bénéfices. « Je paie 4000$ de taxes ici. Ça fait qu’économiser 40$, c’est ridicule. Ça va me coûter 100$ cet été en Off, Muskol et autres bébelles de chez Canac pis en plus, ça ne sera pas plus efficace. Pis je ne compte pas les 200$ en bouteilles d’eau que j’ai dû acheter en 2022 avec l’histoire de l’eau potable. »

Les deux hommes affirment que les résidents qui sont venus s’établir à Shawinigan après 2012, première année du programme lors d’un projet pilote mené dans le secteur Saint-Gérard-des-Laurentides, n’ont aucune idée de ce qui les attend lorsque le mois de mai va arriver. « Je pense aussi que beaucoup de Shawiniganais ont aussi oublié comment c’était avant. Tu voulais aller manger dehors l’été et dix minutes après, tu rentrais dans la maison parce que c’était invivable », se rappelle Mario Boisvert.

Robert de Carufel se souvient pour sa part d’avoir construit son gazébo recouvert de moustiquaire en 2009 pour pouvoir profiter de l’extérieur sans se faire harceler par les mouches noires et maringouins de ce monde. « 40$ pour six mois de paix, c’est pas payé cher », insiste-t-il.

En 2015, la Ville de Shawinigan avait également suspendu le programme en raison de coupes budgétaires imposées alors par le gouvernement du Québec aux municipalités. La situation avait là aussi été dénoncée et dès le début du mois juillet de cette année-là, un citoyen, Gregory Courtoy, avait déposé une pétition de 860 noms au conseil municipal demandant de réinstaurer le programme en 2016, ce qui avait été fait.  

Souhaitant que leur sortie soit suivie, les deux hommes invitent les citoyens à interpeller leur conseiller municipal pour faire part de leur désaccord. « Sinon, il faut que les gens réalisent que l’été 2023 qui s’en vient ne sera pas nécessairement formidable », conclut Robert de Carufel.

 

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