DJL réclame des millions à Shawinigan et Transport Québec

Par Hugo Joncas

Construction DJL a déposé deux poursuites depuis fin mai pour se faire rembourser des «extras» de 35 % et 44 % dans deux contrats avec le ministère des Transports et la Ville de Shawinigan, pour un total de 4,66 millions de dollars.

Durant son témoignage devant la commission Charbonneau, l’ancien patron de l’Unité anticollusion Jacques Duchesneau a affirmé que DJL contrôle 60 % du marché des enrobés bitumineux avec sa rivale Sintra. Selon lui, les deux entreprises font gonfler les coûts du pavage par un système de collusion et de surfacturation.

Filiale de la française Eurovia, DJL a envoyé pour 2,26 millions de dollars en réclamations au ministère des Transports et pour 2,4 millions d’extras à la Ville de Shawinigan. Dans les deux cas, les donneurs d’ordre refusent de payer.

La dernière poursuite, déposée à la Cour supérieure le 20 juin, porte sur la reconstruction d’un pont sur la route 161 au-dessus de l’autoroute 20 à Sainte-Eulalie, dans le Centre-du-Québec.

Terminé en 2009, le contrat avait été accordé aux Constructions et pavages Continental, une filiale de DJL. L’entrepreneur réclame 35 % de plus, sur un contrat de 6,45 millions obtenu en appel d’offres.

«L’ensemble des travaux du pont ont dû être retardés en raison d’impacts directs ou indirects reliés à des modifications aux plans suite à des [sic] erreurs décelées par la demanderesse [Transports Québec], ou encore en raison de températures inadéquates», mentionne la requête de l’entreprise.

Selon la poursuite, Québec «refuse et/ou néglige de payer». Le ministère des Transports n’a pas rappelé LesAffaires.com pour donner sa version des faits. DJL n’a pas fourni de renseignements additionnels non plus.

À Shawinigan, Continental était chargée du réaménagement du boulevard des Hêtres, en 2010. DJL affirme que la Ville «a notamment émis ou exigé de [sa filiale] Continental une quantité anormale de modifications, de directives de changement (plus d’une centaine) et de travaux supplémentaires […]».

À cela s’ajoutent des «augmentations anormalement élevées des quantités [de matériaux], qui n’avaient aucune commune mesure par rapport aux quantités approximatives indiquées au contrat».

Tandis qu’ils devaient être complétés le 3 décembre 2010, les travaux de réaménagement du boulevard ont duré jusqu’en novembre 2011, «pour des raisons qui sont imputables à la Ville», assure DJL.

Loin d’accepter de payer ces réclamations de l’entrepreneur, Shawinigan lui impute plutôt «une pénalité pour retards», selon la poursuite.

À la Ville, le directeur des communications confirme qu’elle se battra pour ne pas payer ces réclamations. «On ne reconnaît pas ces extras-là, alors évidemment, on ne veut pas les payer», dit François St-Onge.

Il ajoute que la municipalité a aussi questionné le consortium Mesar/SMi quant à la façon dont il a fait la surveillance de chantier, dont il avait la responsabilité. «On voulait s’assurer que ça a été fait selon les règles de l’art, dit François St-Onge. Autant avec Mesar qu’avec l’entrepreneur, on a eu à discuter souvent du déroulement du chantier.»

Chez Mesar, le vice-président, Infrastructure, Denis Deslauriers, précise que la firme de génie conseil a elle aussi des honoraires en suspens. «On est en train de négocier avec la Ville», dit-il.

La municipalité n’a pas voulu donner plus de détails sur son différend avec DJL, puisqu’il se retrouve maintenant devant les tribunaux. La défense se Shawinigan ne figure pas encore au dossier.

Source: lesaffaires.com

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