Doux comme l’alpaga

Par Antoine Tremblay

L’alpaga n’est pas un pays, ni une nouvelle région. Et non, ce n’est pas un lama, même si, il faut le concéder, c’est un mammifère domestique de la même famille que ces petits camélidés. Avec ses petites oreilles, ses grands yeux et sa douceur hors du commun, il est difficile de ne pas se laisser séduire par la jolie tronche de la bête. Magalie Beaulieu, propriétaire d’Alpagas de la Mauricie, a succombé.

L’endroit est un petit coin de paradis. C’est sur un lopin de terre de quelque 30 hectares, boisé par endroits, que Magalie Beaulieu s’est lancée dans l’aventure des alpagas. Les premiers occupants de cet élevage non traditionnel sont arrivés en février 2011. Il compte aujourd’hui 47 têtes, trois petits sont en attente de leur sevrage avant de rejoindre la troupe, cinq en processus d’adoption et des négociations avec un autre éleveur sont en cour pour louer une place à sept autres spécimens.

«Vivre sur la terre était un rêve d’enfants. Je voulais réaliser ce projet à la retraite, mais il est simplement arrivé un peu plus vite que je le pensais. Je cherchais un élevage pouvant me convenir. Évidemment, j’ai pensé au bœuf, à la chèvre, au mouton. Il y a 5 ans, j’ai vu un alpaga dans une fermette et j’ai mentionné à mon copain que c’était cet animal que nous allions élever. C’est resté une blague jusqu’à ce que je me renseigne davantage sur le sujet», explique la femme. L’issue est telle qu’on la connait maintenant.

Les alpagas de Magalie sont destinés à la production de la fibre, ce qui diffère de la plupart des éleveurs québécois qui font l’élevage pour la reproduction. «Je veux me positionner comme LE producteur de fibres d’alpagas au Québec. La fibre présentement est mise sur le marché, mais de manière artisanale. Considérant que c’est un produit de très grande qualité, ce n’est pas tout le monde qui peut se le payer et j’essaie de développer davantage ce créneau.»

La laine de l’alpaga est hypoallergène. Elle n’a pas besoin d’être teinte et elle se détaille en 22 couleurs différentes sans compter les mélanges que l’on peut faire. Elle est reconnue pour être très chaude et très écologique. «Même si tous les alpagas ne fournissent pas la même qualité de fibre, elle restera toujours supérieure à celle du mouton, souligne l’éleveuse. On dit de l’alpaga que c’est le cachemire du futur!»

L’élevage requiert tout ce qu’un élevage conventionnel demande, à commencer par l’amour des animaux. «Ensuite, c’est le quotidien. Il faut nettoyer l’enclos. S’assurer de la propreté. Nourrir. Assurer la sécurité. Un petit bébé alpaga se ramasse très bien par un coyote. Il faut prendre le temps. La grosse corvée se fait au printemps. À la fin mai, début juin. On tond les animaux, on les vaccine, on les vermifuge, on lime les dents pour ceux qui ont besoin. Les griffes, etc.»

L’objectif de Magalie Beaulieu est d’augmenter le nombre de bêtes à environ 200 alpagas, mais elle a tout de même une réserve. «Peut-être vais-je pouvoir combler mes besoins en fibre avec des reproducteurs qui n’en ont pas besoin. Alors, je n’aurai pas besoin d’avoir autant de bêtes.» Pour l’instant, on ne retrouve pas encore de foulards, de bas ou de mitaines d’Alpagas de la Mauricie dans une place agrotouristique.

Les éleveurs sont encore peu nombreux. Développer la fibre pour la commercialisation reste la priorité de l’entreprise. Alpagas de la Mauricie a évolué à vitesse grand V depuis un an. Gageons que la Mauricienne a d’ores et déjà d’autres idées derrière la tête pour faire évoluer son entreprise. Sur cette question, un sourire j’ai eu en guise de réponse!

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