« Je vais aller au bout de cette histoire! » -Michel Angers

Photo de Patrick Vaillancourt
Par Patrick Vaillancourt
« Je vais aller au bout de cette histoire! » -Michel Angers
La membrane perd de son efficacité avec la boue qui se trouve à l'intérieur. (Photo : Hebdo Patrick Vaillancourt)

SHAWINIGAN.  Autre rebondissement dans la saga de la Station de traitement de l’eau du Lac-à-la-Pêche (STELAP) alors que la Ville de Shawinigan poursuit les trois entreprises liées à la construction de l’usine pour un montant de 23,3 M$ en raison des lacunes liées au fonctionnement.

La Ville a eu dans un premier temps une poursuite de l’entrepreneur général Allen de 3,1 M$. Question de répondre par la voie juridique, la Ville de Shawinigan a intenté une demande reconventionnelle de 23 337 977$ (dont le montant est à parfaire) contre l’entrepreneur Allen, la firme d’ingénierie WSP qui a conçu les plans de l’usine, et Suez, le fournisseur de la technologie de filtration membranaire.

« L’ensemble de la poursuite s’élève à 23,3 M$ et comprend tout ce que ça nous a coûté pour redémarrer l’usine, les coûts de nettoyage du ruisseau Perchaude, et les travaux qui vont assurer la pérennité de l’usine. Je persiste et signe, ce n’est pas aux citoyens de Shawinigan à payer pour le dégât que cette entreprise nous a causé, tant au niveau moral que physique, et pour l’impact que les 30 000 citoyens ont dû subir en étant privé d’eau d’une certaine façon pendant 13 mois. La poursuite fait état de montants à parfaire, à réajuster en fonction de la réalité », exprime le maire de Shawinigan Michel Angers lors d’un point de presse devant l’Hôtel de Ville jeudi.

Dans le document de la poursuite reconventionnelle où l’Hebdo a obtenu une copie, on y apprend qu’une somme de 16 381 000$ est avancée par la Ville pour dédommagement seulement pour la mise en place de la solution permanente. « Dans les circonstances, il est actuellement envisagé de procéder à la construction d’un système de prétraitement et de post-traitement aux coûts de 16 381 000,00 $ (à parfaire), plus les taxes applicables, et/ou de mettre en place toutes autres technologies et solutions de traitement des eaux rencontrant les obligations de résultats et garanties de performance auxquelles sont assujetties Allen, WSP et Suez, que la Ville de Shawinigan est en droit de leur réclamer solidairement, le tout tel qu’il sera démontré à l’enquête », peut-on lire.

Pour tout ce qui touche au redémarrage temporaire de la STELAP, en incluant les travaux pour rétablir le ruisseau Perchaude et l’achat de nouvelles membranes, la Ville réclame une somme avoisinant les 7 M$.

En plus des problèmes de membranes, on apprend dans le document que les équipements du local 114 auraient subi de la dégradation et de la corrosion liée a des problèmes de conception de construction et de ventilation. De plus, on peut lire que les pompes servant à l’alimentation en acide chlorhydrique pour le nettoyage des membranes ne fonctionnent plus depuis la mise en service de STELAP. La somme pour les travaux correctifs est estimée à 760 000$.

Le maire Angers soutient que la Ville attendait la poursuite d’Allen avant d’aller devant le juge pour la demande reconventionnelle. « Évidemment, il y a des sommes impayées par que nous gardons toujours des retenues sur des grands travaux. Il y avait aussi un certain nombre d’extra que Allen souhaitait se faire payer. Vous avez vu dans le document qu’il y a eu beaucoup de lacunes au-delà de ce qui s’est passé avec les membranes. Il y a eu des lacunes au niveau structurel, des ponts roulants, de la corrosion sur les infrastructures… La Ville de Shawinigan a donné des contrats clé en main à toutes ces entreprises pour qu’elles soient nos yeux, nos bras, et notre façon de faire, avec le résultat qu’on connaît aujourd’hui. C’était important de donner un signal clair à toute notre population qu’on ne se laissera pas faire. Je peux assurer que personnellement, je vais aller au bout de cette histoire. »

Le premier magistrat de la ville de Shawinigan a laissé entrevoir un certain optimisme quant à cette poursuite. « Je pense qu’on est assez bien positionné pour faire la démonstration qu’il y a eu des lacunes importantes à la construction de l’usine. Si l’exemple de Shawinigan peut servir à d’autres villes du Québec qui sont en train de regarder pour l’installation d’une usine de traitement des eaux, ça sera ça de plus. Je sais que des ajustements ont été faits à plein d’endroits, et qu’il y aura d’autres rebondissements à venir dans ce dossier. »

Chose certaine, le dossier qui se trouve maintenant devant la cour supérieure prendra des mois, voire des années avant d’être réglé.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires