La rivière St-Maurice navigable de Grand-Mère à La Tuque

Photo de Patrick Vaillancourt
Par Patrick Vaillancourt

Les territoires de Shawinigan, Mékinac et le Haut-St-Maurice se sont unis afin de mandater une firme pour réaliser l’étude bathymétrique de la rivière St-Maurice, afin de connaître la profondeur de l’eau, et les petits bateaux à moteur pourront sillonner ce fabuleux plan d’eau très prochainement avec l’aide d’une carte.

«Les données quant au niveau des eaux n’avaient été prises pour la rivière St-Maurice, explique André Nollet de l’Association touristique régionale (ATR) de la Mauricie. C’est la compagnie Synergis qui a réalisé l’étude et 375 000 points de sondage ont été effectués. Nous devrions connaître les résultats d’ici la fin de janvier, mais nous savons déjà qu’il n’y a pas d’obstacles majeurs quant au niveau de l’eau entre Grand-Mère et La Tuque. L’objectif est de baliser la rivière St-Maurice pour les embarcations à moteur. Toutefois, les bateaux à voiles ne pourront pas circuler sur la rivière en raison du courant.»

Les SADC, CLD, et les associations touristiques de chaque territoire ont participé au financement, ainsi que la CRÉ de la Mauricie. «L’étude tient compte des dénivelés de la rivière, comme elle a des plateaux, poursuit M. Nollet. Chaque endroit a été identifié, et la balise identifiera la profondeur. Par contre, il se pourrait que certaines parties de la rivière soient fermées, en raison du niveau de l’eau. Il faut comprendre qu’il existe des variations importantes de l’eau entre les mois de mai et septembre en raison de plusieurs facteurs. Comme les pluies qui peuvent provoquer des variations rapides, ou les barrages hydroélectriques qui se trouvent en amont de La Tuque.»

Et quand pourrait-on voir des bateaux atteindre La Tuque? «Nous souhaitons que ce soit en 2010, mais tout dépendra de la vitesse à attacher le financement et de recevoir les autorisations. Si c’est en 2010, ça sera une saison test, mais il serait plus logique de penser que nous en ferons la promotion en 2011.»

Les retombées économiques

Une étude sur les retombées touristiques a aussi été commandée, et elle a été réalisée par la firme Génivar.

«600 riverains entre Grand-Mère et La Tuque ont été consultés, et nous avons reçu un taux de réponse de 35%, ce qui est très représentatif, renchérit le directeur de l’ATR Mauricie. Nous connaîtrons les résultats de l’étude à la fin janvier, mais nous savons déjà que les réponses sont très positives. Les propriétaires d’embarcation ont aussi été consultés, et la majorité serait prête à débourser dans un modèle d’utilisateur payeur pour le balisage de la St-Maurice. L’achat d’une balise est une chose, mais l’installation, la désinstallation et la réfection des balises annuellement coûtent cher. Mais il existe une volonté ferme des trois territoires à réaliser ce projet. Nous détenons une rivière magnifique, mais nous n’en profitons pas économiquement. À Montréal, il n’existe plus de place pour des marinas et pour augmenter la navigation. Le développement de la rivière St-Maurice s’avère être la colonne vertébrale pour les retombées économiques de la Mauricie. Si le balisage est en place, nous aurons des demandes pour des croisières sur la rivière et il existera des opportunités de développement pour des entrepreneurs privés.»

Un incontournable pour le Haut-St-Maurice

À Grandes-Piles, c’est monnaie courante d’apercevoir des bateaux sur la St-Maurice, et le coup d’œil est impressionnant à l’été près de la halte routière en bordure de la route 155. Mais pour le Haut-St-Maurice, le balisage de la rivière ouvrirait des portes importantes pour le milieu.

«J’ai très hâte de connaître les résultats de l’étude bathymétrique parce que nous ne connaissons pas la profondeur de l’eau du Haut-St-Maurice, soutient Hélène Pelletier, directrice du volet touristique à Ville de La Tuque. Présentement au quai Dénommé-Goyette, nous savons qu’il n’y a pas assez d’eau pour faire accoster les bateaux. Nous devrons trouver un point idéal pour l’arrivée des bateaux, et ainsi qu’un endroit pour ériger une marina. C’est important pour nous aussi d’offrir les services sur place aux gens. Nous pensons à une façon d’installer des infrastructures sur place. Est-ce que ce sera la ville ou un promoteur privé? L’idéal serait un entrepreneur privé, mais si nous n’en trouvons pas, est-ce qu’un partenariat avec la municipalité et un organisme à but non lucratif serait profitable? Ou un partenariat entre le municipal et le privé? Chose certaine, plus qu’il existe de privé, plus qu’il y a de l’emploi. Ça serait superbe de voir des bateaux venir à La Tuque en 2011, ce qui concorderait avec le centenaire de la Ville.»

Une marina existe déjà à La Tuque, qui est la porte d’entrée vers les rivières plus au nord. Il existe déjà des possibilités à ce qu’une navette puisse faire le pont entre la future marina sur la rivière St-Maurice et celle déjà en place, ce qui offrirait encore plus de diversité de plans d’eau aux amateurs de bateaux.

La route des rivières

En 2009, la Route des rivières entre Louiseville et La Bostonnais a été créée. Tourisme Mauricie et les CLD de la région recherchaient un moyen de valoriser la rivière St-Maurice. La route longue de 265 km permet de voir une douzaine de rivières en Mauricie. Bien entendu, la Route des rivières va de pair avec le balisage de la rivière St-Maurice. Une carte est disponible afin de connaître le trajet. «L’objectif est d’augmenter la durée de séjour des touristes en Mauricie, explique Marylène Fortin, du CLD du Haut-St-Maurice. Les gens disent souvent: "Je vais à Trois-Rivières", mais c’est rare d’entendre "je m’en vais en Mauricie". Nous voulons développer ce réflexe.»

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