Le Cégep de Shawinigan veut former des DG à temps partiel

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Par Bernard Lepage
Le Cégep de Shawinigan veut former des DG à temps partiel
Jean-François Léveillé, directeur du Service de formation continue au Cégep de Shawinigan. (Photo : L'Hebdo / Bernard Lepage)

AFFAIRES.  Le Cégep de Shawinigan planche sur un concept inédit de remplaçant entrepreneur chargé de prendre temporairement la relève d’un propriétaire mis dans l’incapacité de remplir ses fonctions en raison d’une maladie, congé, vacances, etc.

«Le Centre de services scolaire de l’Énergie a sa formation Lancement d’une entreprise; le Cégep de Trois-Rivières, sa cellule entrepreneuriale; des entrepreneurs offrent des services de mentorat. On cherchait à développer notre propre niche dans l’entrepreneuriat», explique Jean-François Léveillé, directeur du Service de formation continue (SFC) au Cégep de Shawinigan.

L’établissement a bénéficié d’une aide financière de 68 949$ du Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR) pour structurer son concept qui en est à ses premières étapes. «Quand un entrepreneur lance son entreprise, il est souvent seul, travaille beaucoup d’heures, ne prend pas de vacances les cinq premières années. Au bout du rouleau, c’est souvent là qu’il abandonne son projet», explique Jean-François Léveillé qui soulève également le phénomène grandissant de l’entrepreneuriat féminin et l’enjeu du congé de maternité qui se pose.

Avec la consultante Marie-Ève Bellemare qui a développé une expertise en relève entrepreneuriale, le Cégep de Shawinigan a élaboré un questionnaire exhaustif qu’il soumettra cet automne à des entrepreneurs et intervenants en développement économique. «On veut valider notre idée. Évaluer ses forces et ses faiblesses pour arriver au printemps prochain avec un concept structuré», avance le directeur du SFC qui parle de DG à temps partiel pour illustrer sa pensée.

Pour suppléer au patron, le remplaçant entrepreneur ne viendrait évidemment pas jouer dans les orientations stratégiques ou le développement des affaires de l’entreprise, mais agirait plutôt dans une optique d’assurer la saine gestion des opérations courantes pendant son absence. «On ne parle pas ici d’un mentor», précise Jean-François Léveillé qui croit que pour que le transfert soit un succès, le DG à temps partiel et l’entrepreneur devront s’entendre sur la stratégie à adopter avant le départ du second.

Le Cégep de Shawinigan espère pouvoir présenter son concept le printemps prochain. L’établissement assurerait la formation des remplaçants entrepreneurs pour arriver à former un bassin disponible pour les dirigeants intéressés. «Si ça fonctionne bien, c’est une formation qui pourrait être aussi offerte dans l’ensemble du réseau québécois qui compte 48 cégeps», termine le directeur du SFC.

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