Les Œuvres des abbés Martel et Marcil réoriente sa mission

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Par Bernard Lepage
Les Œuvres des abbés Martel et Marcil réoriente sa mission
Depuis sa création en 1995, la fondation des Œuvres des abbés Martel et Marcil a contribué pour plus de 1,3 million$ dans les organismes de la communauté. À compter de cet automne, la persévérance scolaire sera au cœur de son action annonce l'abbé Yves Marcil (photo). (Photo : L'Hebdo - Bernard Lepage)

ÉDUCATION. .  La fondation des Œuvres des abbés Martel et Marcil (OAMM) s’est départie ce printemps de la totalité du parc immobilier qu’elle détenait depuis 25 ans, une étape vers une réorientation de sa mission désormais exclusivement dédiée à la persévérance scolaire. 

La fondation était propriétaire de douze immeubles, principalement situés dans les quartiers Saint-Marc et Christ-Roi à Shawinigan, servant à loger les organismes qu’elle soutenait, mais aussi des particuliers et des familles dans plus de soixante-dix appartements.

Des services comme le Centre Roland-Bertrand, Partage Centre-Mauricie, La Tablée Populaire, le Regroupement pour la Défense des Droits Sociaux, Auto-Psy Mauricie et le Carrefour Normandie à Saint-Tite avaient tous pignon sur rue dans des édifices appartenant à la fondation. « Tout le monde a été informé de notre décision et de la réorientation de notre mission », explique en entrevue l’abbé Yves Marcil qui affirme que ces organismes sont autonomes « mais que les Œuvres demeurera à l’écoute de leurs besoins s’il y a lieu. »

Si dans les bonnes années, les revenus générés par la location pouvaient rapporter un bénéfice de plus de 80 000$ annuellement, cette époque était désormais révolue affirme Yves Marcil. « La situation a commencé à se détériorer avec la légalisation du cannabis en 2018. On avait beau écrire sur le bail que c’était interdit de fumer à l’intérieur, les locataires n’en faisaient qu’à leur tête. »

« C’était rendu que ça ne payait plus et qu’il vandalisait les lieux avant de se sauver. C’était plus profitable d’avoir un appartement vide parce qu’au moins, il n’était pas saccagé. J’étais rendu que je ne faisais que ramasser les pots cassés et à devoir me présenter à la régie du logement. Je suis curé et ça, ce n’était plus ma job », poursuis l’abbé qui souligne que l’entretien de ses immeubles et les pertes financières engendrées par les non-paiements devenaient de plus en plus lourds à supporter.

Les organismes qui logeaient dans les immeubles de la fondation pouvaient bénéficier d’une certaine latitude lorsque les fins de mois étaient serrées, ce qui ne sera plus nécessairement le cas avec des propriétaires privés. De plus, en tant qu’OBNL, les Œuvres était exempté de taxes foncières, ce qui lui permettait de refiler une partie de cette économie à ses organismes bénéficiaires.

Les transactions ont permis une entrée d’argent substantielle dans les coffres de la fondation, mais pas autant que l’abbé Marcil aurait espéré alors que le marché immobilier favorise les vendeurs depuis deux ans. « Notre mission, c’était d’offrir des logements abordables aux résidents du quartier. C’est sûr que pour ces immeubles-là, tu n’as pas le gros prix. »

Réorientation de la mission

En 2012, la Fondation des Œuvres des abbés Martel et Marcil avait ajouté un volet persévérance scolaire à sa mission en prenant sous son aile des jeunes élèves vulnérables fréquentant l’école secondaire des Chutes à Shawinigan. Elle s’y consacrera désormais entièrement en lui donnant plus d’envergure annonce l’abbé Marcil.

Du secondaire I jusqu’au secondaire 5, ces adolescents sont encadrés par l’enseignante Joane Boisvert qui voit à prévenir ou régler des irritants qui sont quelquefois précurseurs au décrochage scolaire. Grâce à une entente avec la direction de l’école, la fondation versait un montant d’argent équivalent à une partie de son salaire pour qu’elle puisse se consacrer à cette tâche.

Elle le fera désormais à temps plein à compter de la prochaine année scolaire alors que les Œuvres versera l’équivalent de son salaire. Depuis l’instauration de ce parrainage il y a dix ans, une vingtaine d’étudiants ont été suivis par la fondation, dont une dizaine ont complété leurs études avec succès. « Nous leur versons une bourse de 2500$ s’ils obtiennent un DEP ou un DES, indépendamment de leurs résultats académiques », explique l’abbé Marcil, particulièrement fier de souligner qu’un de ces jeunes poursuit aujourd’hui ses études à l’UQTR. « Même si ça ne fait pas partie de notre mission, nous continuons à lui payer ses frais d’admission à l’université. »

À compter de l’automne prochain, la Fondation s’est engagée à parrainer cinq étudiants par année et à les suivre tout le long de leur secondaire, durant cinq ans, pour un total de 25 élèves. L’abbé Marcil souligne que le fruit de la vente des immeubles aidera à financer cette mission, mais qu’il cherche tout de même à y intéresser des mécènes qui voudraient parrainer des jeunes. « Nous sollicitons des dons planifiés, des legs testamentaires, mais on organisera aussi des campagnes de financièrement », affirme-t-il.

« Quand avec l’abbé André Martel nous avons fondé les Œuvres en 1995, nous avions comme objectif de nous occuper des conséquences provoquées par la pauvreté.  Aujourd’hui, c’est comme si on fermait la boucle en nous occupant plutôt des causes de la pauvreté et le décrochage scolaire en est une des plus importantes manifestations », termine l’abbé Yves Marcil.

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