L’R sonne l’alarme

L’R sonne l’alarme

Des services de première ligne négligés en violences faites aux femmes

OPINION. Dans le cadre des 12 jours d’actions contre les violences faites aux femmes, L’R des centres de femmes du Québec interpelle le gouvernement de M. Legault.

Les centres de femmes effectuent des fonctions de première ligne auprès des femmes victimes de multiples formes de violences, mais n’ont pas le financement adéquat pour le faire, une situation alarmante.

Dix ans sans augmentation spécifique

La dernière augmentation du financement de la mission des centres de femmes remonte à 2008. Ce rehaussement avait été accordé précisément sur la base de la reconnaissance du travail de première ligne que les centres réalisent en matière de violences faites aux femmes. Or depuis dix ans, le contexte a changé, portant avec lui une plus grande propension des femmes à dénoncer les violences qu’elles subissent.

Les généralistes de la condition féminine

Les femmes vivant des situations complexes, souvent simultanées (pauvreté, violences, problème de santé mentale, itinérance, etc.), sont référées par le CLSC ou par le service d’infosanté ou d’infosocial, directement aux centres de femmes. En effet, les centres les accueillent une à une, les écoutent et les accompagnent vers la sécurité, que ce soit en les référant à des ressources spécialisées ou en les soutenant dans la création d’un scénario de protection. Elles font ce travail avec les victimes de violence conjugale, mais aussi avec les victimes d’agression sexuelle. D’ailleurs, l’augmentation des dénonciations est aussi observée dans les centres de femmes. Faut-il rappeler que Statistiques Canada estime l’augmentation des dénonciations d’agressions sexuelles à 61% après #MoiAussi ?

Les centres de femmes, avec leurs services sans rendez-vous et leurs programmes d’ateliers variés, sont des généralistes spécialisés en condition féminine. Ils rejoignent annuellement de 250 000 à 300 000 femmes. Présents dans toutes les régions du Québec, même là où d’autres services sociaux sont inexistants, ils utilisent une approche globale, c’est-à-dire qu’ils refusent de découper la réalité des femmes en mille et une problématiques isolées les unes des autres. Cette approche est orientée vers le développement de leur confiance en elles et leur capacité d’agir.

Besoins de 25 millions$ de plus par année

L’R des centres de femmes du Québec demande au Gouvernement du Québec d’augmenter le financement des 125 centres de femmes et de L’R, d’un total de 24 706 559 $ par année. Avec ces 25 millions, les centres de femmes pourraient : embaucher une travailleuse de plus par organisme ; améliorer les conditions de travail des travailleuses déjà à l’emploi et répondre à cette demande croissante de services de première ligne aux femmes. Cette demande s’inscrit dans le cadre de la campagne CASSSH (communautaire autonome en santé et services sociaux).

– Geneviève Legault au nom du  Centre Parmi Elles de Bécancour,  du Centre des femmes l’Héritage à Louiseville, du Centre de femmes de Shawinigan, Femmes de Mékinac, de la Collective des femmes de Nicolet et région et de la Maison des femmes des Bois-Francs.

 

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