Première récolte en Amérique pour le miel d’asclépiade

APICULTURE. La ferme Apicole Mékinac de Denis Gauthier a procédé mardi à la première récolte du miel d’asclépiade, intimement lié avec la culture de cette plante pour produire la soie du Québec.

Cette première en Amérique est permise par l’avènement de champs de soyer du Québec. La collaboration entre les membres de la coopérative Monark et les apiculteurs s’avère une alliance gagnante pour toutes les parties. D’un côté les abeilles contribuent à la pollinisation des fleurs de soyer avec les autres insectes indigènes, dont le papillon monarque, favorisant ainsi une meilleure production de fibres pour l’industrie, et de l’autre les apiculteurs obtiennent un excellent rendement pouvant atteindre de 400 à 500 kg de miel à l’hectare dans des champs à maturités. Des études ont démontré une production de 3 à 5 mg de nectar par fleur avec un taux de sucre entre 30 et 50%. Avec une centaine de fleurs par ombelles et entre 5 à 7 ombelles par plants.

«L’asclépiade a des fleurs qui produisent beaucoup de nectar. Les abeilles sont très attirées par cette fleur. Ce sont toutes de petites fleurs, et c’est encore plus facile pour les abeilles d’aller chercher le nectar avec de petites fleurs. En plus, l’asclépiade détient une teneur en sucre très élevé, alors ça donne beaucoup de miel. C’est bon pour notre entreprise, et je me sens privilégié de rester dans la région de Mékinac. Sur la Rive-Sud, je connais des apiculteurs qui sont obligés d’emmener leurs ruches au Lac-Saint-Jean en en Abitibi, parce qu’il n’y a plus de variétés florales», explique Denis Gauthier de la Ferme Apicole Mékinac.

Cette année, la ferme produira 3000 livres de miel d’asclépiade, avec de 90 à 100 colonies d’abeilles. «C’est une nouvelle culture, alors nous sommes aussi en rodage. La production devrait doubler l’an prochain et nous possédons au-delà de 1000 ruches, alors nous serons prêts pour faire face à la musique. C’est très bon pour notre entreprise puisque le miel de spécialité détient une valeur ajoutée et se vend plus cher», ajoute M. Gauthier.

«Le bénéfice qu’apportent nos activités industrielles aux papillons monarque est indéniable. Depuis les premiers ensemencements, les monarques sont au rendez-vous chez les soyerculteurs alors qu’on en trouve encore très peu ailleurs sur le territoire québécois. Maintenant ce sont les abeilles qui s’ajoutent à la liste des bénéficiaires de la filière», affirme François Simard, président d’Industrie ENCORE 3.

Le miel d’asclépiade est très fin et détient sa saveur bien à lui. Il sera disponible en septembre en quantité limitée. La récolte devrait être encore plus importante au cours des prochaines années.

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