RER Hydro : ça sent la fin

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Par Sebastien Lacroix

ÉCONOMIE. La situation du Groupe RER a dégénéré au cours des dernières semaines, si bien que la poursuite du processus de restructuration n’apparaît plus à l’avantage de ses créanciers.

C’est la conclusion du rapport du contrôleur de Raymond Chabot, Emmanuel Phaneuf, qui a été rendu public mardi. Celui-ci ne recommande pas une prolongation du délai accordé à l’entreprise qui s’est placée sous la protection des tribunaux, le 30 juillet dernier.

Le Groupe RER doit revenir devant la Cour supérieure, le 29 août, où une décision doit être rendue quant à la poursuite ou non du processus. La cour doit rendre une décision à la lumière des faits qui lui seront présentés, dont le rapport du contrôleur portant sur l’état des affaires financières de la compagnie.

Selon ce qu’il constate, la situation de l’entreprise s’est envenimée au cours des dernières semaines, si bien que la poursuite des opérations courantes devient difficile… voire impossible.

«C’est la première fois que j’émets un tel rapport, souligne Emmanuel Phaneuf. En l’absence de quelqu’un pour avancer des sommes, ça compromet le processus et je m’interroge sur la pertinence de continuer»

Une autre brique

À ce jour, une liste d’acheteurs, d’investisseurs et de prêteurs éventuels a été élaborée et des discussions avec des gens préalablement identifiés ont aussi été amorcées… mais l’entreprise est une fois de plus à court de liquidité.

Le financement intérimaire requis par l’entreprise pour mener à bien le processus de restructuration s’élevait à 650 000 $.

Or, les recettes réelles reçues jusqu’ici, provenant presque exclusivement de la part d’Alternative Capital Group (ACG), ont entraîné un manque de liquidité de l’ordre de 330 000 $.

Le 21 août, une autre brique est tombée sur la tête de l’entreprise, quand ACG a indiqué ne plus vouloir débourser davantage.

Selon ce que l’on peut apprendre dans le rapport, un tiers prétend avoir des droits de propriété intellectuelle utilisée dans le cadre des opérations de Groupe RER. Des informations qui sont démenties par l’entreprise.

Une situation qui s’envenime

Ainsi, avec le budget révisé, Groupe RER ne sera plus en mesure de payer les loyers, le salaire de ses employés, les déductions à la source, les primes liées aux assurances et les honoraires professionnels.

Parmi les douze employés retenus pour le processus de relance, seulement quatre sont encore en poste. Les autres ayant quitté à partir du 19 août.

Ces employés étaient un actif «intangible» pour l’entreprise et le plan de restructuration était basé en grande partie sur leur savoir-faire portant sur la technologie développée, selon le contrôleur.

Le président Imad Hammad aurait également entrepris des démarches qui n’étaient pas prévues au projection budgétaire, dont des rencontres avec des représentants du Manitoba et de l’Oregon.

Il a également sollicité des estimations de la firme Gowlings pour de nouvelles demandes de brevets, étant donné qu’il estime que plusieurs aspects de la technologie ont le potentiel d’être brevetés.

Or, les dépenses encourues, qui ne font pas partie des projections, sont évaluées à 6000$ par jour et le nombre de jours n’est pas précisé.

Une autre dépense qui n’était pas prévue s’est ajoutée avec l’embauche des consultants du Groupe Herrob pour les accompagner dans leurs démarches auprès des autorités gouvernementales.

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