Saint-Mathieu-du-Parc: Remabec ira de l’avant  

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Par Bernard Lepage
Saint-Mathieu-du-Parc: Remabec ira de l’avant  
Remabec compte utiliser le bois prélevé sur les terres publiques à Saint-Mathieu-du-Parc pour alimenter ses scieries régionales, dont celle de Saint-Séverin-de-Prouxville opérée par sa compagnie-soeur, Arbec. (Photo : (Archives L'Hebdo))

FORÊTS.  Malgré le moratoire demandé au ministre Pierre Dufour par la Coalition pour la préservation du Parc récréoforestier de Saint-Mathieu-du-Parc en vue de créer une aire protégée, Groupe Remabec entreprendra ce lundi 24 janvier des coupes forestières sur une zone totalisant 63 hectares. 

Dans un exposé technique jeudi matin destiné aux médias, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) est venu préciser les détails du chantier qui sera entrepris au cours des deux prochains mois tout en se montrant ouvert aux demandes de la Coalition quant aux autres projets de coupe qui sont dans les cartables du ministère sur ces vastes terres publiques totalisant 12 000 hectares.

Directeur général de la direction générale du secteur central au MFFP, Philippe Grenier animait cette rencontre exceptionnelle, organisée en raison du retentissement médiatique provoqué par le projet de coupes forestières a-t-il reconnu.

Le représentant du ministère a rappelé que le chantier Tourbière Ilot avait déjà fait l’objet de consultations publiques dès 2016 et que le contrat de coupes avait été attribué deux ans plus tard. Détenteur de celui-ci, Remabec avait jusqu’en 2022 pour remplir ses obligations.

Comme une section de la zone de coupe abrite une colonie de tortues des bois, une superficie d’environ 5 hectares estime le ministère, et que celles-ci hibernent pendant la saison froide, Remabec n’a d’autres choix a expliqué Philippe Grenier de débuter rapidement ses travaux dès janvier et de les condenser jusqu’à la mi-mars au moment où les périodes de dégel sont susceptibles de survenir.

Sur les 63 hectares du chantier Tourbière Ilot, environ 35 feront l’objet de coupes partielles, ce qui correspond à une récolte de 50% et moins du bois disponibles. Par rapport au plan initial présenté par Remabec au ministère, Philippe Grenier souligne que des ajustements y ont été apportés par l’entreprise après qu’elle eut arpenté le terrain avec des membres de la  Coalition au cours du mois de janvier.

Le représentant du MFFP dit lui-même avoir participé à une rencontre en décembre avec des représentants de la Coalition qui est désormais, a-t-il souligné, reconnue comme un intervenant officiel.

Philippe Grenier a expliqué que sur les 12 000 hectares de terres publiques du secteur, cinq autres zones de coupes avaient été identifiées par le ministère, mais il a donné l’assurance qu’aucun chantier n’y sera entrepris avant au moins 2025-2026. Une vente aux enchères pour attribuer l’une des zones en question était prévue au printemps 2023, mais elle sera vraisemblablement repoussée a-t-il laissé entendre.

Intervenant sur l’impact des travaux sur la population de tortues de bois qui se dénombreraient à un peu plus de 400 sur le territoire, Pascale Dombrowski, de la direction de la gestion de la faune Mauricie – Centre-du-Québec au MFFP, a expliqué que ce petit reptile appréciait les milieux hétérogènes et que les coupes de bois justement allaient provoquer l’arrivée d’une nouvelle végétation qui allait elle-même fournir en  fruits  et nourriture les tortues.

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