Sir Pathétik au sommet de son art

Par Martin Sylvestre

Après plusieurs années d’un travail acharné, un jeune Trifluvien a réussi à faire sa marque dans le milieu très sélect du hip-hop. Membre du groupe Mauvaize Fréquentation, Sir Pathétik tire son épingle du jeu et figure parmi les figures de proue de l’univers québécois du rap.

Son talent ne passe pas inaperçu puisque ses trois premiers albums solos, «3 ans de trippe après», «Un gars de même» et «Comme je suis» ont été en nomination au Gala de l’ADISQ. Cette fois, avec Mauvaize Fréquentation, son nom apparaît dans quatre catégories et non les moindres lors du Gala des prix SOBA. Le duo qu’il forme avec Billy Nova est en nomination comme artiste ou groupe hip-hop francophone de l’année, album francophone de l’année avec le disque éponyme, artiste ou groupe francophone de l’année ainsi que dans celle du prix SOBA *Choix du Public*. «Les langues anglaise et française tout comme le mix des réalités trifluvienne et montréalaise se retrouvent dans l’album», raconte Sir Pathétik.

Un succès instantané

Sir Pathétik est dans le milieu du hip-hop depuis plus de dix ans et pourtant, il possède la même flamme qu’à ses débuts. «J’ai été chanceux, car une de mes premières chansons «L’accroc du trip» a eu une réaction positive très rapide de Gatineau jusqu’en Gaspésie. À partir de ce moment, j’ai eu l’attention du public. Je crois que ce qui rejoint les gens, c’est que je n’ai jamais eu la langue dans ma poche même si quelquefois mes propos font mal», exprime-t-il. À Trois-Rivières, le rappeur a été un des premiers à arriver avec des grandes culottes au milieu des années 90. Défiant les années, Sir Pathétik travaille constamment sur son image et se renouvelle sans cesse. «Dans notre milieu, l’image est extrêmement importante et il faut garder un certain mystère à propos de notre vie privée. Ici, le monde m’a toujours bien aimé, car je suis resté fidèle à moi-même. En ce qui concerne ma musique, je suis surtout influencé par ce qui possède une harmonie. J’aime bien les chansons québécoises et le rap, de Vincent Vallières à Akon en passant par Tupac», informe le Trifluvien.

Le nouvel album

Si ses propos sont percutants et qu’il n’a jamais eu peur de déranger, le prochain album de Sir Pathétik risque de faire jaser. Ce dernier abordera divers problèmes de la société actuelle tels les suicides, le sida et la violence conjugale. «De plus en plus, je suis conscient que mes chansons ont un certain impact», affirme le chanteur.

Le gala SOBA

Le Gala des prix SOBA, qui veut dire « Sounds of Blackness Awards », est un organisme à but non lucratif qui a pour but d’honorer les artisans de la culture noire, québécoise et canadienne pour leurs accomplissements au cours de la dernière année, de faire découvrir les richesses de cette culture ainsi que de rendre hommage à tous ceux et celles qui en font la promotion de près ou de loin. Fondé par le Québécois d’origine haïtienne Ruddy B. Eloi, comédien pendant 15 ans de la très populaire télésérie Watatatow, ce gala récompense à la fois les artistes, chanteurs, athlètes, politiciens et personnalités du monde culturel qui font découvrir toutes les richesses cette culture présente au Québec depuis plus de 400 ans, et ce, peu importe la couleur ou l’origine. Toutes ces personnes sont en fait des « artisans » de la culture noire. Cette communauté regorge de gens talentueux. Le gala, qui en sera cette année à sa troisième édition, réunira plus de 30 candidats dans une trentaine de catégories différentes. C’est l’animatrice Varda Étienne qui sera à la barre de l’événement qui se tiendra le dimanche 2 mars au Théâtre Outremont de Montréal.

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