STELAP: une première somme de 6,8 M$ pour la solution permanente

Photo de Patrick Vaillancourt
Par Patrick Vaillancourt
STELAP: une première somme de 6,8 M$ pour la solution permanente
L'expert André Lahaye montre une membrane souillée de boue toxique. (Photo : Hebdo Patrick Vaillancourt)

SHAWINIGAN.  L’échéancier pour la remise en marche transitoire de la Station de traitement de l’eau du Lac-à-la-Pêche (STELAP) et la levée de l’avis d’ébullition préventif de l’eau est toujours respecté a confirmé la Ville de Shawinigan en conférence mardi. La Ville a adopté un projet de règlement de 6,864 M$ à la séance publique de mardi soir, ce qui s’avère un premier pas vers la solution permanente.

La somme de 6,8 M$ servira pour la phase 1 de la relance permanente de la station. Quatre bassins de décantation seront contruits au secteur St-Gérard-des-Laurentides près de la rue des Lilas et des Bouleaux à proximité de la rivière Shawinigan. Une rencontre a été faite par la Ville afin de donner l’information aux citoyens à proximité. La Ville assure que les bassins seront sans odeur et sans bruit. Le règlement comprend aussi la construction d’une conduite de 3 km, les honoraires professionnels de l’ensemble du projet et de la solution permanente, incluant le pilotage. Les travaux devraient commencer à la fin de l’été ou au début de l’automne, et l’objectif est de terminer ces travaux pour la fin de l’année. 

« Nous allons construire quatre bassins permettant la décantation des matières en suspension dans l’eau. Le procédé sera sans bruit et sans odeur pour les résidents du secteur. Une clôture sera installée et un écran végétal entre les bassins et les résidences sera maintenu », souligne Élyse Ménard, directrice du Service de l’aménagement du territoire. 

Une fois la matière décantée, l’eau résiduaire sera acheminée par une conduite vers la rivière Shawinigan. Une demande d’autorisation sera réalisée auprès du ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MELCC). L’ajout de cet équipement va permettre d’obtenir des eaux résiduaires qui respecteront les normes du MELCC. 

D’autres coûts s’ajouteront au 6,8 M$ pour la deuxième phase de la solution permanente qui sera la construction d’une unité de prétraitement. 

« Ce n’était pas toujours simple de travailler à la fois sur une solution temporaire et permanente, exprime le maire Michel Angers. Les tests réalisés avec notre installation temporaire sont concluants. L’objectif avec la solution permanente est de réduire davantage l’impact sur l’environnement. Il y aura une phase 2 qui va prévoir un prétraitement afin qu’encore moins de matières organiques entrent dans les membranes de filtration. C’est ce qui aurait dû être fait la première fois. »

Une équipe de la Ville accompagnée de la députée Marie-Louise Tardif s’est rendue à Québec le 31 mai dernier pour discuter du financement complémentaire. « On a eu une rencontre très positive avec la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) Andrée Laforest. La ministre a assuré son soutien pour le financement avec tous les programmes qui peuvent exister », précise le maire.

À la lumière des coûts engendrés pour la remise en fonction temporaire de la station, est-ce que le maire s’attendait à voir un coût élevé de 6,8 M$ seulement pour la phase 1 de la solution permanente? « On m’avait avisé dès le début que ça serait extrêmement coûteux comme travaux en amont et en aval. C’est drôle qu’à une certaine époque, personne n’a pensé qu’un prétraitement pourrait être une bonne idée. Tout d’un coup, le prétraitement est unanime pour tout le monde, et que les bassins de décantation est une bonne idée au lieu d’envoyer les rejets dans un ruisseau. Tout d’un coup, les normes ont changé et les règles du ministère de l’Environnement ont changé. Je ne dirais pas publiquement les détails, mais nos avocats sont là-dedans, ils connaissent le dossier, et on va aller au bout des choses pour connaître les raisons, et j’y tiens! »

M. Angers réitère que la STELAP sera au final moins coûteuse que ce qui a été envisagé en 2012 de puiser l’eau dans la rivière Saint-Maurice. « C’était 125 M$ à l’époque en 2012, et il y a encore plus de matière organique dans le Saint-Maurice. Si on s’en tire à 80 M$ au total pour nos deux usines, au lieu du 150 M$ que ça aurait coûté, on aura économisé de 50 à 60 M$ d’économie pour les citoyens. »

Les tests pilotes à la STELAP ont débuté le 18 mai dernier pour une durée de quatre semaines. Si les essais sur les membranes et sur l’unité pilote de traitement continuent d’être concluants, les pompes de distribution dans le réseau d’eau potable du lac à la Pêche pourront être démarrées à la mi-juin. Deux semaines plus tard, au début du mois de juillet, la Santé publique pourra lever l’avis d’ébullition préventif si les tests de qualité de l’eau sont conformes.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires