Un projet réglé comme du papier à musique

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Par Bernard Lepage
Un projet réglé comme du papier à musique
Le piano des Phénix et les trois jeunes filles à l'origine du projet : Lennah Prévost, Alice Deschênes et Olivia Doré. (Photo : courtoisie Annie-Marie Gauthier)

ÉDUCATION.  Quoi faire lorsque ton école n’a pas l’accessoire nécessaire pour combler ta passion? Lui en fournir un ont déterminé Lennah, Alice et Olivia, les trois instigatrices d’un ambitieux plan qui a culminé par une campagne de financement, l’achat puis le don d’un piano à l’école des Phénix, dans le secteur Grand-Mère. 

Les trois élèves de 6e année partagent une passion pour cet instrument de musique alors que le projet éducatif de l’école est axé sur l’activité physique. « Je voulais incorporer la musique à l’école et ne pas attendre de revenir à la maison pour en jouer », justifie Lennah Prévost d’un ton résolu.

Avec ses deux amies au début de l’année 2022, alors qu’elles sont encore en 5e année, elle présente son projet puis obtient l’autorisation de la directrice de l’école puis celle des professeurs d’éducation physique puisque le trio prévoit installer le piano dans le gymnase. Les trois néo-entrepreneures évaluent qu’il faudra environ 1600$ pour l’achat, le déménagement et l’accordage de l’instrument de musique.

Sur Marketplace, un piano en bon état est rapidement ciblé. « La madame demandait 300$, mais je l’ai convaincu de me le laisser pour 250$ », explique d’un ton très sérieux Lennah, de toute évidence aussi douée pour l’organisation que la négociation.

Le plus difficile reste cependant à accomplir puisqu’il faut maintenant amasser les sous pour la concrétisation du projet. Les jeunes musiciennes s’avéreront ici des représentantes aussi persévérantes qu’audacieuses. C’est avec une lettre expliquant leur démarche et une seconde de la directrice de l’école confirmant le tout que le trio part à la rencontre des entreprises environnantes.

Certains voulaient qu’on se pousse. On ne voulait pas trop mais des fois, il fallait lâcher prise.   – Lennah au sujet des entrepreneurs sollicités

Un piano, des obstacles

La démarche n’a rien d’évident pour des jeunes de moins de douze ans devant solliciter des adultes occupés dans leurs opérations. « Des fois, ils ne nous croyaient pas. D’autres fois, ils ne voulaient juste pas nous écouter. On a dû revenir plus d’une fois, car ils ne nous ont jamais donné leur chèque tout de suite », se rappelle Alice Deschesnes pour qui cette étape à été la plus difficile.

Pour sa part, Lennah a rencontré son plus gros obstacle dans la coordination du déménagement du piano. « Il fallait que la date fasse l’affaire de tout le monde », explique-t-elle. Dans le cas d’Olivia Doré, le défi a été conjuguer le temps nécessaire à la réalisation du projet avec toutes ces autres activités en dehors de la musique.

Finalement, après un peu plus de deux mois d’allers-retours effectués sur l’heure du midi avec un parent, les trois jeunes filles réussissent à réunir un peu plus de 1500$, mis en sécurité dans le bureau de direction de l’école puisque toutes les transactions devaient passer par ce canal.  Entre temps, guidés par leur enseignante Anne-Marie Gauthier, le projet est présenté au Défi OSEntreprendre qui leur accorde un montant de 250$.

Le piano de toute l’école

C’est avec ces sous que L’As du Piano est embauché pour le déménagement du piano; qu’un accordeur est déniché; qu’un imprimeur est mandaté pour un travail de lettrage sur le piano; et qu’une série de partitions sont achetées.

Maintenant que le piano trône dans le gymnase de l’école, les trois élèves ne comptent pas en rester là. Elles s’affairent ces temps-ci à chercher une musicienne qui pourrait offrir des cours de piano dans le cadre des activités parascolaires. Il est aussi question d’un spectacle qui serait offert cette année aux élèves de l’école par leurs camarades déjà familiers aux touches noires et blanches du clavier.

Lennah, Alice et Olivia quitteront l’école des Phénix en juin prochain pour entreprendre leur parcours secondaire, mais elles comptent bien revenir à l’occasion voir comment se porte »leur » piano, qui est maintenant celui de toute l’école. « On pense bien venir le visiter, mais on est pas mal certain qu’il sera bien entretenu », termine Lennah.

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