Un Shawiniganais pour représenter les policiers provinciaux du Québec

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Par Bernard Lepage
Un Shawiniganais pour représenter les policiers provinciaux du Québec
Le Shawiniganais Dominic Ricard vient de débuter un mandat de 4 ans à la tête de l'APPQ (Photo : Courtosie APPQ)

SYNDICAT. C’est désormais un Shawiniganais qui est à la présidence de l’Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ), le syndicat représentant les 5500 policiers de la Sûreté du Québec. 

Dominic Ricard a amorcé sa carrière dans sa ville natale en 1997 comme policier-pompier au sein du corps régional qui patrouillait alors le territoire de la MRC du Centre-de-la-Mauricie. En 2002, le service municipal est intégré à la Sûreté du Québec, une période qui marque le début de son activité syndicale.

«J’ai été délégué d’unité à compter de 2006 puis délégué régional pour la Mauricie et Centre-du-Québec de 2008 à 2016», explique-t-il en entrevue téléphonique de Sainte-Julie où il a ses bureaux.

Dominic Ricard était l’un des cinq vice-présidents de l’APPQ lors du mandat de l’ancien président, Pierre Veilleux. «Je faisais partie du comité qui a négocié le dernier contrat de travail avec le gouvernement», rappelle le Shawiniganais qui a déjà en tête les priorités qu’il entend mettre de l’avant lors de la prochaine ronde de négociations.

«L’amélioration de l’offre de soutien psychologique de nos membres est un enjeu incontournable. On travaille avec des gens qui ont des problématiques de santé mentale, d’intoxication. Les crimes comme la cybercriminalité sont de plus en plus complexes et difficiles à traiter. Il y a des enquêtes qui perdurent. Tout ça créé une pression», explique Dominic Ricard qui affirme que le programme d’aide aux employés (PAE) actuellement en place est inadéquat.

«On a en face de nous des gens qui ne comprennent pas ce qu’on fait. Il faut améliorer ce service pour éviter que nos policiers en détresse ne tombent dans des étapes plus graves. Le gouvernement a une responsabilité là-dedans», souligne-t-il en rappelant une vague de suicides qui avait frappé les rangs de la SQ il y a quelques années.

Plus de ressources, non au définancement

L’autre enjeu majeur qu’il entend régler est celui des effectifs. «On compte présentement le même nombre de policiers qu’en 2002 alors que la population a continué à augmenter. Pour revenir au même ratio par 1000 habitants de l’époque, il nous faudrait 304 policiers supplémentaires.»

Dominic Ricard explique que les policiers n’ont jamais fait autant d’heures supplémentaires qu’actuellement. «La SQ est la plus grande organisation policière au Québec. Quand il y a de grands enjeux comme le sommet du G7, les inondations et la pandémie par exemple, c’est à nous que le gouvernement fait appel.»

Quant au discours sur le définancement de la police, une idée de plus en plus répandue chez les groupes minoritaires, le Shawiniganais souligne qu’on ne s’attaque pas à la bonne source. «La police n’est pas le problème. On a plutôt besoin de plus de ressources pour intervenir justement pour aider ces gens-là. On est d’accord avec eux sur le fait que le gouvernement doit investir davantage dans les programmes sociaux pour supporter les communautés qui vivent des problématiques. Ce n’est pas dans le budget de la police qu’il faut piger, il faut regarder ailleurs», termine celui qui dit avoir trouvé sa vocation dans le mouvement scout. «Chez les louveteaux, on avait deux chefs qui étaient des policiers. J’ai eu la chance de patrouiller avec eux au début de ma carrière. J’ai toujours été attiré par ça.»

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