Bionest, la PME qui rayonne à l’étranger

AFFAIRES.  Récipiendaire du prix Rayonnement international en avril dernier lors du gala Le Manufacturier organisé par Manufacturiers Mauricie Centre-du-Québec (MMCQ), la croissance de Bionest est plus que jamais liée à la conquête de nouveaux marchés à l’extérieur du Canada.

“Nous sommes à l’international depuis au-delà de 15 ans, mais c’est un marché qui va en grossissant continuellement. Ça représente maintenant 25% de notre chiffre d’affaires”, affirme Pierre-Yves Charette, président-directeur général (PDG) de la PME shawiniganaise.

Outre son siège social dans l’ancienne usine Doral dans le secteur Grand-Mère, Bionest a des bureaux d’affaires en Ontario et en Colombie-Britannique, de même qu’en France, au Costa Rica et aux Îles Turques-et-Caïques.

“Nous avons innové en France l’an dernier avec une nouvelle certification et un nouveau produit pour les systèmes septiques résidentiels”, poursuit celui qui est arrivé chez Bionest il y a plus de quatre ans maintenant. “Dans les pays où nous sommes présents, on a implanté des équipes avec des gens de la place qui connaissent le marché et la culture locaux.”

Fondée en 1999 par Gilles Champagne, Bionest utilise encore la même technologie qu’à ses débuts. “C’est une technologie qu’on a fait breveter. Il s’agit de rubans de polymère sur lesquels les bactéries viennent se greffent pour digérer les contaminants présents dans les eaux usées”, explique Pierre-Yves Charette. Qu’elles soient en béton ou en plastique, les cuves de Bionest sont munies d’une pompe qui injecte de l’air afin de fournir l’oxygène permettant aux bactéries de subsister et faire leur travail. Une fois traitée, l’eau est ensuite dirigée vers un ruisseau, un cours d’eau ou un lac.  

Une équipe R&D

“Le principe est toujours demeurer le même, mais on a apporté des améliorations au fil des ans. Nous avons une équipe en recherche et développement composée de cinq personnes à temps plein qui regarde toujours à amener des innovations.”

Bionest a par exemple développé un système de traitement des eaux usées qui peut traiter le phosphore, un agent contaminant relié à la présence d’algues bleues dans les lacs. “C’est une installation commerciale qu’on installe souvent dans les campings ou dans les campements miniers”, indique Pierre-Yves Charette.

Bionest a aussi mis au point un produit permettant d’augmenter la capacité des systèmes de traitement des eaux usées de types étangs aérés des municipalités. “On entend souvent parler des villes qui doivent imposer des moratoires sur la construction résidentielle parce que leur installation existante fonctionne déjà à ses pleines capacités. Bionest a des solutions pour ça, mais notre défi, c’est de les faire connaître, car plusieurs municipalités ne le savent pas.”

Enfin, dans les systèmes Kodiak, des conteneurs de 20 ou 40 pieds transformés en station d’épuration des eaux usées, un système de traitement UV (ultra-violet) est appliqué à la toute fin de l’opération, ce qui donne une eau limpide pouvant être déversée directement dans l’environnement. “Pour les Kodiak, nos clients opèrent souvent des équipes de travailleurs dans le Grand Nord par exemple.”

Fabriqué de A à Z à Shawinigan

C’est à l’usine du secteur Grand-Mère que sont fabriqués les rubans de polymères et assemblés les systèmes avant d’être acheminés vers les clients. “Dans les pays où nous sommes présents, on va acheter sur place certaines composantes auxiliaires présentes dans nos systèmes, mais ici au Québec, tout est assemblé à Shawinigan et on a une liste d’installateurs-excavateurs familiers avec notre produit qui vont les installer”, poursuit le patron de Bionest. Au total, la PME shawiniganaise compte 170 employés dont 120 sont basés dans l’ancienne usine Doral.

Depuis sa fondation il y a 27 ans, Bionest a produit plus de 55 000 systèmes résidentiels, commerciaux et municipaux installés dans sept pays (Canada, France, États-Unis, Costa Rica, Panama, Iles Turques-et-Caïques (territoire britannique) et Émirats arabes unis). “Dans un horizon de dix ans, on aimerait développer de nouveaux marchés dans des pays en périphérie de ceux où nous sommes déjà présents”, conclut le PDG de Bionest.