De gentlewoman farmer à agricultrice
AGRICULTURE. De son rêve d’avoir une fermette à la maison, Catherine Althot est maintenant devenue… une agricultrice à part entière.
Avec son conjoint Francis Landry et leurs enfants Félix et Alicia, la Shawiniganaise a démarré la Ferme l’air bête sur leur propriété de la rue du Parc-Industriel, dans le secteur Shawinigan-Sud.
À voir l’enthousiasme et le sourire de Catherine Althot à nous parler de ses poulets en liberté, on devine que le nom de la ferme est plus un clin d’œil à l’expression bien connue qu’à l’attitude de la propriétaire.
Avec son quota du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) lui permettant de produire 2000 poulets par année, la Ferme l’air bête s’est lancée dans un élevage à petite échelle de poulets en liberté, nourris aux grains.
“C’est ce qu’on appelle des poulets de chair destinés à la consommation. Ce n’est pas comme des poules pondeuses. Ils vivent environ huit semaines avant qu’on les transporte à l’abattoir”, explique celle qui porte aussi le chapeau d’enseignante dans une école primaire de Shawinigan-Sud.
Avec son conjoint, ils ont aménagé une poussinière dans un ancien conteneur où les poussins vivent les trois ou quatre premières semaines de leur vie avant d’être relocalisés dans un enclos à l’extérieur. Une fenêtre a été installée dans la poussinière afin de permettre à la lumière du jour d’y pénétrer.
“Dans les poulaillers à grande échelle, on peut retrouver 60 000 poulets en même temps qui vivent dans la lumière artificielle toute leur durée de vie”, explique Catherine Althot qui accorde beaucoup d’importance à la notion de bien-être animal.
“Moi, ce que je trouve beau, c’est de voir des poulets qui grignotent les grains à même le sol. C’est naturel. Dans leur enclos à l’extérieur, ils bénéficient du double de l’espace que les règles du MAPAQ nous obligent à leur donner.”
En opération depuis l’automne dernier, la Ferme l’air bête vogue encore sur la popularité de ses premiers mois. “Nous avions un espace au marché public l’automne passé et ça a été un succès fou. Plusieurs des gens qui en ont acheté viennent maintenant régulièrement s’approvisionner ici à la ferme.”
Catherine Althot a aussi établi un partenariat avec le commerce de plats préparés Osez Normanger, sur la 105e rue à Shawinigan-Sud, qui est maintenant un point de vente officiel des produits de la Ferme l’air bête.
Jusqu’à la fermeture de l’Abattoir Massicotte, à Saint-Luc-de-Vincennes, en mars dernier, l’agriculture avait accès à une installation spécialisée à proximité pour faire abattre ses poulets, mais aussi préparer les découpes (poitrines, cuisses, pilons, etc.).
“C’est ça que les gens cherchent aujourd’hui, plus que les poulets entiers”, explique-t-elle. C’est maintenant dans un abattoir sur l’île d’Orléans, à Québec, que l’agriculture et son conjoint doivent transporter leurs poulets en attendant qu’une meilleure solution se dessine.
“On adore ce mode de vie-là. Les enfants sont impliqués dans le projet. Comme on est près de la ville, on a le spot idéal. Je suis certaine qu’un jour, les gens vont aller faire leur épicerie chez Métro et venir chercher leur poulet chez nous”, conclut Catherine Althot.
